lundi 13 avril 2009
Erzurum
Au programme : trouver un hotel pas cher, se reposer, collecter le visa iranien, mettre à jour le blog, visiter s'il y a lieu...
d'Erzincan à Erzurum
Rien à dire ni à faire sur Erzincan alors après ma journée de pause, je repars. Le printemps semble s'être définitivement installé, même si le froid persiste, et la route est plus facile. L'horizon se limite aux montagnes blanches de part et d'autre de la vallée, et la région semble assez désertique : tout en roche, avec des couleurs vertes, rouges, ou marron selon les endroits... Ça semble un peu triste mais malgré les apparences, il y a tout de même des témoignages de vie : un aigle qui tourne dans le ciel, un renard surpris au bord d'un ruisseau, pas mal d'oiseaux de toutes sortes, et surement plein d'autre choses si je prenais plus de temps pour m'arrêter et regarder.
Bref, ça va à peu près bien. Juste un peu fatigué, peut-être à cause des marches précédentes ou de l'altitude, je sais pas... J'arrive ainsi à Tercan, une petite bourgade de 3000 ames environ, et là, une petite surprise m'attend : je tombe par hasard sur un caravensérail, un vrai ! Tout beau, tout vieux, entretenu, avec un restaurant à l'intérieur... Ça n'a rien de mirifique, bien sur : un carré de pierres, quelques décorations, le "cloitre" intérieur, et voilà. Mais bon, ça me rappelle que je suis sur la route de la soie, avec toutes les histoires, les contes, et les légendes qui s'y rattachent ! En plus mon appareil photo a bien voulu se remettre en marche pour l'occasion, alors j'ai pu prendre une photo!
...
Je remarque que j'ai oublié de parler de mon appareil photo : il a commencé à "bugger" à Sivas (le zoom refusait de se rétracter), mais il s'est remis en marche le lendemain. Bon. Une saute d'humeur, sans doute. Et puis il a recommencé deux jours plus tard. Je l'ai bidouillé dans tous les sens et il s'est remis en marche. Bizarre autant qu'étrange... Et puis "rebug"... juste quand j'arrivais sur les belles montagnes en passant les cols à 2200m d'altitude !!! J'aurais pu prendre mes plus jolies photos depuis Ankara !
'^+%&/()=?*+ de matos de grec encore, ça, tiens !!!
Et puis il a remarché quelques heures à Tercan... et depuis c'est fini, plus de photos. La grève. J'ai beau lui parler de service public minimum, d'amélioration des conditions de travail, rien. Panne informatique ? Problème mécanique ? Ou tout simplement le froid ? Il est vrai que je le porte à la ceinture alors il subit aussi les températures. Une fois arrivé à Erzurum, je me rends chez un photographe : il ne peut rien faire. Zut...
Donc en attendant une solution, soit je trouve une image sur le net qui corresponde à ce que je vois, soit... rien.
C'est donc sans photo que je termine le trajet jusqu'à Erzurum. Les gens sont toujours accueillants, et les jandarmas aussi : 10 km après Aşkale (ma dernière étape, 50 km avant Erzurum), je tombe sur un poste de garde le long de la route où s'ennuient 6 ou 8 militaires... Ils m'invitent à prendre le thé, et après avoir entendu mon histoire habituelle ("Seyahat ediyorum, Fransa da Çin se yaya olarak gidiyorum"), l'un d'eux m'offre un chapelet pour "compter les kilomêtres" ! C'est le genre de petits chapelets avec 30 ou 35 perles que je vois partout depuis l'albanie... J'avais déjà une tête "couleur locale", et je commence à avoir le matériel ! ;-)
J'arrive le soir à Erzurum et trouve un hôtel rapidement : pour la suite, on verra demain.
Bref, ça va à peu près bien. Juste un peu fatigué, peut-être à cause des marches précédentes ou de l'altitude, je sais pas... J'arrive ainsi à Tercan, une petite bourgade de 3000 ames environ, et là, une petite surprise m'attend : je tombe par hasard sur un caravensérail, un vrai ! Tout beau, tout vieux, entretenu, avec un restaurant à l'intérieur... Ça n'a rien de mirifique, bien sur : un carré de pierres, quelques décorations, le "cloitre" intérieur, et voilà. Mais bon, ça me rappelle que je suis sur la route de la soie, avec toutes les histoires, les contes, et les légendes qui s'y rattachent ! En plus mon appareil photo a bien voulu se remettre en marche pour l'occasion, alors j'ai pu prendre une photo!
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Je remarque que j'ai oublié de parler de mon appareil photo : il a commencé à "bugger" à Sivas (le zoom refusait de se rétracter), mais il s'est remis en marche le lendemain. Bon. Une saute d'humeur, sans doute. Et puis il a recommencé deux jours plus tard. Je l'ai bidouillé dans tous les sens et il s'est remis en marche. Bizarre autant qu'étrange... Et puis "rebug"... juste quand j'arrivais sur les belles montagnes en passant les cols à 2200m d'altitude !!! J'aurais pu prendre mes plus jolies photos depuis Ankara !
'^+%&/()=?*+ de matos de grec encore, ça, tiens !!!
Et puis il a remarché quelques heures à Tercan... et depuis c'est fini, plus de photos. La grève. J'ai beau lui parler de service public minimum, d'amélioration des conditions de travail, rien. Panne informatique ? Problème mécanique ? Ou tout simplement le froid ? Il est vrai que je le porte à la ceinture alors il subit aussi les températures. Une fois arrivé à Erzurum, je me rends chez un photographe : il ne peut rien faire. Zut...
Donc en attendant une solution, soit je trouve une image sur le net qui corresponde à ce que je vois, soit... rien.
C'est donc sans photo que je termine le trajet jusqu'à Erzurum. Les gens sont toujours accueillants, et les jandarmas aussi : 10 km après Aşkale (ma dernière étape, 50 km avant Erzurum), je tombe sur un poste de garde le long de la route où s'ennuient 6 ou 8 militaires... Ils m'invitent à prendre le thé, et après avoir entendu mon histoire habituelle ("Seyahat ediyorum, Fransa da Çin se yaya olarak gidiyorum"), l'un d'eux m'offre un chapelet pour "compter les kilomêtres" ! C'est le genre de petits chapelets avec 30 ou 35 perles que je vois partout depuis l'albanie... J'avais déjà une tête "couleur locale", et je commence à avoir le matériel ! ;-)
J'arrive le soir à Erzurum et trouve un hôtel rapidement : pour la suite, on verra demain.
lundi 6 avril 2009
De Sivas à Erzincan
Où en étais-je ?
Ah oui, Sivas... Je suis tombé en arrivant là-bas sur un étudiant qui m'a hébergé. Lui et ses 5 colocataires vivent dans l'un des HLM près de l'université de la ville, une de ces petites zones urbaines qui poussent partout comme des champignons en Turquie : 10 immeubles tous pareils, un accès routier, un marché, une mosquée, et voilà 500 personnes logées au milieu de nul part. La croissance de la ville finira par les absorber... Ils étaient très gentils, mais à 5 ils étaient incapable de faire une phrase en anglais, alors la communications était un peu difficile. C'est quand même bizarre de voir un étudiant en commerce international de 21 ans incapable d'aligner 3 mots d'anglais... Mais ils se sont vraiment montré hospitalier, c'était bien.
A Sivas, il y a l'ancienne école (enfin ce qu'il en reste) de Kemal Atatürk : une belle architecture ancienne. C'est la première fois que je peux voir quelques vieille pierres depuis Istanbul, ça fait plaisir. Ça ressemble à ce que disait Adélaide à propos des Japonais, quand j'étais chez elle à Ankara : ils n'aiment pas les vielles choses, ils préfèrent le neuf. Ils remplacent au lieu d'entretenir. On trouve également à Sivas l'inévitable musée d'Atatürk (que je n'ai pas visité)...
Je me suis posé en ville une journée, et je suis repartis le lendemain, direction Erzincan.
Là, ça commence à se corser un peu. Pas au début car j'ai enchainé quelques étapes tranquilles de 35 ou 40 km. J'arrive généralement en milieu d'après-midi, il fait beau ou tout au moins il ne pleut pas (ne jamais sous-estimer le pouvoir caché d'un paquet de chips !), bref, tout va, c'est facile.
Par contre, depuis Ankara, je me fais tout de suite repérer comme étranger. Je crois que c'est à cause des cheveux : en ville ça va, mais à la campagne, tout le monde à les cheveux très court... On me demande si je suis Iranien, maintenant : ça c'est nouveau. les gens s'arrêtent pour me regarder quand je passe dans la rue, et donc en arrivant dans la petite ville d'Imralı, je suis abordé par quelqu'un qui m'offre le thé. Il ne parle pas anglais mais je commence à avoir le coup de main pour me faire comprendre. Il m'offre le gite et va très bien s'occuper de moi. Mais c'est le turc le plus étrange que j'ai rencontré ! Un mélange de communiste écologique protestataire qui passe pour un original auprès de ceux qui l'aiment bien et de fou auprès de ceux qui ne l'aime pas... En tout cas il est très gentil avec tout le monde et aime rendre service comme j'ai pu le constater. Il a une surprenante culture générale, me citant Victor Hugo, Karl Marx ou Socrate, mais ça part un peu dans tous les sens et il n'hésite pas à mettre en relation des choses qui n'en ont aucune : le résultat est parfois surprenant.
Il m'apprend que je suis actuellement à environ 1800 m d'altitude, et que les montagnes blanches qui décorent le paysage sont entre 2500 et 3200 m. Je n'imaginais pas être si haut !
Je vais le réaliser le lendemain. Je pars avec le soleil, et mon hôte m'accompagne sur les 15 premiers kms. Ensuite, je me lance dans les montagnes. La route monte jusqu'au col de Kizildağ : altitude affichée : 2190 m. Le paysage est magnifique, les hautes montagnes montent leurs cimes blanches jusqu'au ciel bleu, tout est couvert de neige et brille au soleil... comme sur les cartes postales ! Le soleil est très agressif et l'air est glaciale. Une fois le col passé, la route redescend rapidement puis serpente jusqu'à Refahiye... Problème : la distance Imralı-Refahiye est de 72 km, et entre les 2, il n'y a rien. Je ne sais pas si je trouverai un hôtel ou quelque chose à Refahiye, alors au bout de 50 km, je cède à l'invitation d'une navette et fait les 20 derniers km en minibus.
Le lendemain, rebelote pour arriver à Erzincan : 35 km pour monter au col de Sakaltutan (2100 m d'altitude), et 35 km pour redescendre = 70 km... sauf que cette fois, je sais que je dormirai le soir dans un bon lit. Donc je me lance pour battre mon petit record de 65 km. Les conditions sont plutôt bonnes : le soleil, les belles montagnes blanches, la route qui monte quand je suis en forme et qui descend quand je suis fatigué, un sac léger (je ne prends qu'une demi bouteille d'eau car il y a il y a toujours des sources en montagne), bref, je sens que je peux le faire. Et puis comme la veille, il n'y a rien entre les deux, hormis un petit restaurant au col (J'y déjeune vers 13h30).
Et effectivement, j'y arrive. Parti à 6H00 de Refahiye, j'arrive à 22H00 à Erzincan. Avec moins de 2 heures de pauses cumulées, ça fait quand même pas mal d'heures de marche. Trop,en fait. Je devrais être content, mais non : pour le coup, c'est un peu trop. Surtout cumulé avec le trajet de la veille : les pieds protestent et menacent de déposer un préavis de grève, les genous se plaignent... et de toute façon, à 5km/h, la journée n'est pas assez longue pour faire la distance, j'ai du marcher 3 heures de nuit pour le final (je n'aime décidément pas marcher la nuit sur la route). C'est surprenant comme 10 ou 15 km de plus en fin de journée peuvent changer la donne.
Bref, je crois que cette distance-là, je peux l'encadrer, je ne suis pas prêt de la refaire. Encore que quand je regarde ma carte, les montagnes sont loin d'être finies...
A Erzincan, je me pose encore une journée. Pour le coup c'est nécessaıire.
Ah oui, Sivas... Je suis tombé en arrivant là-bas sur un étudiant qui m'a hébergé. Lui et ses 5 colocataires vivent dans l'un des HLM près de l'université de la ville, une de ces petites zones urbaines qui poussent partout comme des champignons en Turquie : 10 immeubles tous pareils, un accès routier, un marché, une mosquée, et voilà 500 personnes logées au milieu de nul part. La croissance de la ville finira par les absorber... Ils étaient très gentils, mais à 5 ils étaient incapable de faire une phrase en anglais, alors la communications était un peu difficile. C'est quand même bizarre de voir un étudiant en commerce international de 21 ans incapable d'aligner 3 mots d'anglais... Mais ils se sont vraiment montré hospitalier, c'était bien.
A Sivas, il y a l'ancienne école (enfin ce qu'il en reste) de Kemal Atatürk : une belle architecture ancienne. C'est la première fois que je peux voir quelques vieille pierres depuis Istanbul, ça fait plaisir. Ça ressemble à ce que disait Adélaide à propos des Japonais, quand j'étais chez elle à Ankara : ils n'aiment pas les vielles choses, ils préfèrent le neuf. Ils remplacent au lieu d'entretenir. On trouve également à Sivas l'inévitable musée d'Atatürk (que je n'ai pas visité)...
Je me suis posé en ville une journée, et je suis repartis le lendemain, direction Erzincan.
Là, ça commence à se corser un peu. Pas au début car j'ai enchainé quelques étapes tranquilles de 35 ou 40 km. J'arrive généralement en milieu d'après-midi, il fait beau ou tout au moins il ne pleut pas (ne jamais sous-estimer le pouvoir caché d'un paquet de chips !), bref, tout va, c'est facile.
Par contre, depuis Ankara, je me fais tout de suite repérer comme étranger. Je crois que c'est à cause des cheveux : en ville ça va, mais à la campagne, tout le monde à les cheveux très court... On me demande si je suis Iranien, maintenant : ça c'est nouveau. les gens s'arrêtent pour me regarder quand je passe dans la rue, et donc en arrivant dans la petite ville d'Imralı, je suis abordé par quelqu'un qui m'offre le thé. Il ne parle pas anglais mais je commence à avoir le coup de main pour me faire comprendre. Il m'offre le gite et va très bien s'occuper de moi. Mais c'est le turc le plus étrange que j'ai rencontré ! Un mélange de communiste écologique protestataire qui passe pour un original auprès de ceux qui l'aiment bien et de fou auprès de ceux qui ne l'aime pas... En tout cas il est très gentil avec tout le monde et aime rendre service comme j'ai pu le constater. Il a une surprenante culture générale, me citant Victor Hugo, Karl Marx ou Socrate, mais ça part un peu dans tous les sens et il n'hésite pas à mettre en relation des choses qui n'en ont aucune : le résultat est parfois surprenant.
Il m'apprend que je suis actuellement à environ 1800 m d'altitude, et que les montagnes blanches qui décorent le paysage sont entre 2500 et 3200 m. Je n'imaginais pas être si haut !
Je vais le réaliser le lendemain. Je pars avec le soleil, et mon hôte m'accompagne sur les 15 premiers kms. Ensuite, je me lance dans les montagnes. La route monte jusqu'au col de Kizildağ : altitude affichée : 2190 m. Le paysage est magnifique, les hautes montagnes montent leurs cimes blanches jusqu'au ciel bleu, tout est couvert de neige et brille au soleil... comme sur les cartes postales ! Le soleil est très agressif et l'air est glaciale. Une fois le col passé, la route redescend rapidement puis serpente jusqu'à Refahiye... Problème : la distance Imralı-Refahiye est de 72 km, et entre les 2, il n'y a rien. Je ne sais pas si je trouverai un hôtel ou quelque chose à Refahiye, alors au bout de 50 km, je cède à l'invitation d'une navette et fait les 20 derniers km en minibus.
Le lendemain, rebelote pour arriver à Erzincan : 35 km pour monter au col de Sakaltutan (2100 m d'altitude), et 35 km pour redescendre = 70 km... sauf que cette fois, je sais que je dormirai le soir dans un bon lit. Donc je me lance pour battre mon petit record de 65 km. Les conditions sont plutôt bonnes : le soleil, les belles montagnes blanches, la route qui monte quand je suis en forme et qui descend quand je suis fatigué, un sac léger (je ne prends qu'une demi bouteille d'eau car il y a il y a toujours des sources en montagne), bref, je sens que je peux le faire. Et puis comme la veille, il n'y a rien entre les deux, hormis un petit restaurant au col (J'y déjeune vers 13h30).
Et effectivement, j'y arrive. Parti à 6H00 de Refahiye, j'arrive à 22H00 à Erzincan. Avec moins de 2 heures de pauses cumulées, ça fait quand même pas mal d'heures de marche. Trop,en fait. Je devrais être content, mais non : pour le coup, c'est un peu trop. Surtout cumulé avec le trajet de la veille : les pieds protestent et menacent de déposer un préavis de grève, les genous se plaignent... et de toute façon, à 5km/h, la journée n'est pas assez longue pour faire la distance, j'ai du marcher 3 heures de nuit pour le final (je n'aime décidément pas marcher la nuit sur la route). C'est surprenant comme 10 ou 15 km de plus en fin de journée peuvent changer la donne.
Bref, je crois que cette distance-là, je peux l'encadrer, je ne suis pas prêt de la refaire. Encore que quand je regarde ma carte, les montagnes sont loin d'être finies...
A Erzincan, je me pose encore une journée. Pour le coup c'est nécessaıire.
jeudi 2 avril 2009
Une belle journée
Levé vers 6 heures du matin, départ vers 6H30, sous un beau soleil et un ciel sans nuage.
Visiblement, le paquet de chips a fait son effet. Les anciens grecs sacrifiaient un taureau blanc, c'était plus impressionnant, mais que voulez-vous, c'est la crise...
Bref je sors rapidement de Siraz et m'engage dans la campagne. Il fait bon, personne sur la route, le calme, les oiseaux qui chantent... Des conditions de marche presque parfaites. Je rêve, dors, pense, et les kilomêtres défilent sans que je m'en aperçoive. Le soleil est haut et il commence à faire chaud : j'enlève l'écharpe, puis la combinaison de froid, et plus tard le pull et le manteau : me voilà en T-shirt, comme au bon vieux temps. Mes bras vont enfin voir le soleil !
Le paysage est orné des montagnes blanches de neige qui bordent l'horizon.
Je passe devant un petit batiment et un garde s'intéresse au piéton et m'offre le thé pour causer 5 minutes. Ça tombe bien j'avais envie d'une pause. En début d'après-midi, j'arrive à ma destination. Déjà ? Eh oui, j'ai fais les 35/40 km de l'étape presque sans les voir ! Coups de chance, malgré la taille réduite de la bourgade, il y a un hôtel. Le patron est un arménien rigolo qu m'invite pour un autre thé et nous discutons avec ses amis. Ensuite il me fait un prix et je récupère une bonne chambre pour 5€. Je sors faire les courses et quelqu'un d'autre me propose encore un thé pour pouvoir me poser des questions ! Je vais faire trois courses pour le diner, et cette fois, c'est le gérant du magasin et les caissières qui offrent !
Le soir tombe. Le patron de l'hotel me confie à ses amis qui m'emmènent dans un restaurant au bord d'un lac à quelques km, et je dîne avec une truite grillée, mais oui !
Des journées comme celle-là, j'en veux bien plus souvent !
Le soleil s'est maintenu toute la journée et celle du lendemain : c'est sûrement le printemps ! Ça veut dire que dans un mois ou deux, je pourrai enfin recommencer à me plaindre de la chaleur insupportable et des températures scandaleusement élevées ! Chouette !!! ;-)
Visiblement, le paquet de chips a fait son effet. Les anciens grecs sacrifiaient un taureau blanc, c'était plus impressionnant, mais que voulez-vous, c'est la crise...
Bref je sors rapidement de Siraz et m'engage dans la campagne. Il fait bon, personne sur la route, le calme, les oiseaux qui chantent... Des conditions de marche presque parfaites. Je rêve, dors, pense, et les kilomêtres défilent sans que je m'en aperçoive. Le soleil est haut et il commence à faire chaud : j'enlève l'écharpe, puis la combinaison de froid, et plus tard le pull et le manteau : me voilà en T-shirt, comme au bon vieux temps. Mes bras vont enfin voir le soleil !
Le paysage est orné des montagnes blanches de neige qui bordent l'horizon.
Je passe devant un petit batiment et un garde s'intéresse au piéton et m'offre le thé pour causer 5 minutes. Ça tombe bien j'avais envie d'une pause. En début d'après-midi, j'arrive à ma destination. Déjà ? Eh oui, j'ai fais les 35/40 km de l'étape presque sans les voir ! Coups de chance, malgré la taille réduite de la bourgade, il y a un hôtel. Le patron est un arménien rigolo qu m'invite pour un autre thé et nous discutons avec ses amis. Ensuite il me fait un prix et je récupère une bonne chambre pour 5€. Je sors faire les courses et quelqu'un d'autre me propose encore un thé pour pouvoir me poser des questions ! Je vais faire trois courses pour le diner, et cette fois, c'est le gérant du magasin et les caissières qui offrent !
Le soir tombe. Le patron de l'hotel me confie à ses amis qui m'emmènent dans un restaurant au bord d'un lac à quelques km, et je dîne avec une truite grillée, mais oui !
Des journées comme celle-là, j'en veux bien plus souvent !
Le soleil s'est maintenu toute la journée et celle du lendemain : c'est sûrement le printemps ! Ça veut dire que dans un mois ou deux, je pourrai enfin recommencer à me plaindre de la chaleur insupportable et des températures scandaleusement élevées ! Chouette !!! ;-)
le Kangal
Lorsque j'ai lu le livre "Longue Marche" de Bernard Olivier, un normand à la retraite qui a fait Istanbul-Xian en 4 x 3 mois entre 2000 et 2004, j'avais trouvé une description des kangals.
J'en ai retenu l'idée d'un monstre énorme et sanguinaire, la bave au lèvres, sautant sur tout ce qui bouge... Pardon à tous ceux qui m'ont entendu en parler de cette façon, je vais corriger le portrait dans ce message.
D'abord, un kangal, c'est un chien, juste un chien. Avec des réactions et des instincts canins normaux. Pas un monstre sanguinaire.
On ne les trouvent pas en ville, seulement à la campagne, mais là, ils sont partout ! La première fois, de loin, j'avais cru voir un labrador avec son pelage blond. Mais de près, on remarque tout de suite que la pointe de ses oreilles et son museau sont noir. Le poil est plus fournis que celui d'un labrador, mais c'est peut-être son pelage d'hiver ? Et puis ce n'est pas énorme : à peine plus gros qu'un berger allemand.
Certains chiens ont un pelage beaucoup plus foncé, presque noir : si j'ai bien compris, ce sont des chiens loups (kangal + loup gris d'anatolie).
Dès que je trouve un beau spécimen je vous mets la photo.
Je suis d'accord pour dire qu'ils me semblent un peu plus virulents que la plupart des autres chiens, mais bon, pas de quoi en faire un plat. En fait, leur comportement est le même que d'habitude. J'entends par "habitude" que je me fais hurler dessus par tous les chiens de la campagne depuis mon départ de France et que ça ne me change guère. Quelle que soit la race, ils me casse tous les oreilles, mais c'est tout. D'ailleurs, les plus appliqués à me faire perdre des dixièmes d'audition étaient les chiens grecs, pas turcs.
D'après ce que j'ai pu observer, et quel que soit le pays, les chiens à la campagne sont rarement dressés. Ils vivent là où ils sont nés, et respectent celui qui les nourrit, et pour le reste, ils font ce qu'ils veulent et défendent ce qu'ils considèrent comme leur territoire. Les kangals ne font pas exception, et quand je dis qu'ils sont un peu plus virulent, c'est juste qu'ils ont tendance à être plus démonstratifs. Depuis la Slovénie, j'ai eu régulièrement sur les talons de 1 à 5 chiens aboyant et grognant jusqu'à ce que je passe leur territoire, et puis ils se détournent et rentrent chez eux. Ça peut être impressionnant quand ils sont nombreux, mais ça reste une simple et bruyante démonstration.
L'exemple le plus impressionnant et théâtrale m'a été donné par une femelle kangal : je suis sur la route et visiblement je suis sur son territoire car je vois la bestiole me foncer dessus en aboyant aussi fort qu'elle peut. J'ai l'habitude, j'en ai cinq par jours des comme ça. J'applique la méthode simple du gros mammifère placide : je pousuis ma route à la même vitesse sans m'occuper du/des chiens qui me suivent alors jusqu'au bout du territoire. Sauf que là, en plus de me casser les oreilles, cette femelle ne cesse de passer devant mois sur le côté, derrière, toujours grognant, montrant les crocs, allant même jusqu'à mimer des attaques : elle me laisse 3 ou 4 m d'avance et s'élance pour s'arrêter juste sur mes talons et m'achever les timpans... Ça va, ça va, on se calme, je ne fais que passer !
Et puis arrivé au bout de son terrain, elle se tait brusquement, se retourne et s'en va sans plus s'occuper de moi. Comme d'habitude, en fait, mais tout de même, quelle violence ! Je me retourne pour la regarder partir, et dans le fossé plus loin, je vois une, deux, trois petites têtes de chiots qui me regardent avec curiosité...
Maman défendait ses petits ! C'est pas mimi la nature ?
Non, sans rire, et pour faire taire les critiques : j'aurais je crois plus de "chance" de me faire mordre par un pitt-bull dressé à l'attaque dans la banlieu de Rouen que par un kangal dans la campagne turc.
Je signale également à ceux qui verraient certaines photos sur Google que les turcs sont petits ! Il est donc normal que le kangal paraisse grand. C'est vrai, en France j'ai une taille standard, mais en Turquie, je fais partie des plus grands et domine presque tout le monde d'une tête voir deux ! La tête d'un kangal m'arrive à la cuisse, pas plus.
J'en ai retenu l'idée d'un monstre énorme et sanguinaire, la bave au lèvres, sautant sur tout ce qui bouge... Pardon à tous ceux qui m'ont entendu en parler de cette façon, je vais corriger le portrait dans ce message.
D'abord, un kangal, c'est un chien, juste un chien. Avec des réactions et des instincts canins normaux. Pas un monstre sanguinaire.
On ne les trouvent pas en ville, seulement à la campagne, mais là, ils sont partout ! La première fois, de loin, j'avais cru voir un labrador avec son pelage blond. Mais de près, on remarque tout de suite que la pointe de ses oreilles et son museau sont noir. Le poil est plus fournis que celui d'un labrador, mais c'est peut-être son pelage d'hiver ? Et puis ce n'est pas énorme : à peine plus gros qu'un berger allemand.
Certains chiens ont un pelage beaucoup plus foncé, presque noir : si j'ai bien compris, ce sont des chiens loups (kangal + loup gris d'anatolie).
Dès que je trouve un beau spécimen je vous mets la photo.
Je suis d'accord pour dire qu'ils me semblent un peu plus virulents que la plupart des autres chiens, mais bon, pas de quoi en faire un plat. En fait, leur comportement est le même que d'habitude. J'entends par "habitude" que je me fais hurler dessus par tous les chiens de la campagne depuis mon départ de France et que ça ne me change guère. Quelle que soit la race, ils me casse tous les oreilles, mais c'est tout. D'ailleurs, les plus appliqués à me faire perdre des dixièmes d'audition étaient les chiens grecs, pas turcs.
D'après ce que j'ai pu observer, et quel que soit le pays, les chiens à la campagne sont rarement dressés. Ils vivent là où ils sont nés, et respectent celui qui les nourrit, et pour le reste, ils font ce qu'ils veulent et défendent ce qu'ils considèrent comme leur territoire. Les kangals ne font pas exception, et quand je dis qu'ils sont un peu plus virulent, c'est juste qu'ils ont tendance à être plus démonstratifs. Depuis la Slovénie, j'ai eu régulièrement sur les talons de 1 à 5 chiens aboyant et grognant jusqu'à ce que je passe leur territoire, et puis ils se détournent et rentrent chez eux. Ça peut être impressionnant quand ils sont nombreux, mais ça reste une simple et bruyante démonstration.
L'exemple le plus impressionnant et théâtrale m'a été donné par une femelle kangal : je suis sur la route et visiblement je suis sur son territoire car je vois la bestiole me foncer dessus en aboyant aussi fort qu'elle peut. J'ai l'habitude, j'en ai cinq par jours des comme ça. J'applique la méthode simple du gros mammifère placide : je pousuis ma route à la même vitesse sans m'occuper du/des chiens qui me suivent alors jusqu'au bout du territoire. Sauf que là, en plus de me casser les oreilles, cette femelle ne cesse de passer devant mois sur le côté, derrière, toujours grognant, montrant les crocs, allant même jusqu'à mimer des attaques : elle me laisse 3 ou 4 m d'avance et s'élance pour s'arrêter juste sur mes talons et m'achever les timpans... Ça va, ça va, on se calme, je ne fais que passer !
Et puis arrivé au bout de son terrain, elle se tait brusquement, se retourne et s'en va sans plus s'occuper de moi. Comme d'habitude, en fait, mais tout de même, quelle violence ! Je me retourne pour la regarder partir, et dans le fossé plus loin, je vois une, deux, trois petites têtes de chiots qui me regardent avec curiosité...
Maman défendait ses petits ! C'est pas mimi la nature ?
Non, sans rire, et pour faire taire les critiques : j'aurais je crois plus de "chance" de me faire mordre par un pitt-bull dressé à l'attaque dans la banlieu de Rouen que par un kangal dans la campagne turc.
Je signale également à ceux qui verraient certaines photos sur Google que les turcs sont petits ! Il est donc normal que le kangal paraisse grand. C'est vrai, en France j'ai une taille standard, mais en Turquie, je fais partie des plus grands et domine presque tout le monde d'une tête voir deux ! La tête d'un kangal m'arrive à la cuisse, pas plus.
mercredi 1 avril 2009
Polis et Jandarmas...
J'ai plutôt l'habitude de critiquer l'activité de tout ce qui porte un uniforme...
En Turquie, je dois tout de même avouer que ça se passe très bien. Attention, je n'inclue pas les douaniers dans le tas : je crois que certains d'entre eux font ce métier pour le seul plaisir d'embêter le monde impunément.
Mais concernant les policiers et les jandarmas turcs, je suis agréablement surpris ! Je sais qu'il ne faut rien leur demander car ils risquent de faire leur métier et je n'ai pas le temps de jouer avec eux, mais pour ceux qui m'ont arrêté sur la route ou que j'ai simplement croisé, ils sont sympatiques et souriants pour la plus grande part, comme le reste de la population. Tous curieux de savoir qui je suis et ce que je fais. Depuis Istanbul, j'ai eu plusieurs fois des propositions de prise en stop (refusées, bien sur), certains m'ont offert le thé pour écouter mon histoire, j'ai même eu un officier des jandarmas qui m'a offert un petit déjeuner ! Pain, olives, fromage, thé, et evla (pate sucrée que l'on trouve en France) ! Pas mal, je trouve. Et une fois sur deux, ils se moquent bien de mon passeport. Bref, ça va bien, il semble que j'ai un bon feeling avec les turcs en uniforme, et ça mérite d'être dit.
En Turquie, je dois tout de même avouer que ça se passe très bien. Attention, je n'inclue pas les douaniers dans le tas : je crois que certains d'entre eux font ce métier pour le seul plaisir d'embêter le monde impunément.
Mais concernant les policiers et les jandarmas turcs, je suis agréablement surpris ! Je sais qu'il ne faut rien leur demander car ils risquent de faire leur métier et je n'ai pas le temps de jouer avec eux, mais pour ceux qui m'ont arrêté sur la route ou que j'ai simplement croisé, ils sont sympatiques et souriants pour la plus grande part, comme le reste de la population. Tous curieux de savoir qui je suis et ce que je fais. Depuis Istanbul, j'ai eu plusieurs fois des propositions de prise en stop (refusées, bien sur), certains m'ont offert le thé pour écouter mon histoire, j'ai même eu un officier des jandarmas qui m'a offert un petit déjeuner ! Pain, olives, fromage, thé, et evla (pate sucrée que l'on trouve en France) ! Pas mal, je trouve. Et une fois sur deux, ils se moquent bien de mon passeport. Bref, ça va bien, il semble que j'ai un bon feeling avec les turcs en uniforme, et ça mérite d'être dit.
De la neige, de la neige, de la neige !
Quel est le nain de jardin qui m'a dit qu'il faisait chaud en Turquie !?! Si je l'attrape, ça va lui faire mal. Très mal. Y'a des boules de neiges qui se perdent !
Non mais sans blague, j'avais déjà eu de la neige avant d'arriver à Ankara, et ça continue après Yozgat. Je suis arrivé sous le soleil à Sorgun, mais le lendemain, je constate qu'il a neigé pendant la nuit : manteau blanc sur tout le pays ! Et une heure après mon départ, la neige reprend . Le vent n'arrange pas les choses mais j'ai la technique : je mets mon parapluie contre mon épaule et le manche en travers de la poitrine, le vent violent le maintient en place et je peux marcher les mains dans les poches sans le tenir, tranquille. Et il neige et il vente toute la journée. Lorsque j'arrive dans les montagnes à Akdağmadeni, il y a 20 cm de neige et -2 degrés au panneau d'affichage. Fin mars, tout de même !
Nuançons : les turcs me disent que ça fait 10 ans qu'ils n'ont pas eu autant de précipitations... Ça ne m'étonne pas trop, je suis abonné au phénomène : la première fois que je vais en Ardèche il neige comme c'est pas possible en plein mois d'avril. J'arrive en Corse au mois de Juin : encore de la neige le jour de mon arrivée. Je passe en Autriche au mois de Mai : 1 mêtre de neige dans le Tyrol. Et à chaque fois la même réaction des locaux : "On n'avait pas vu ça depuis longtemps !".
Abonné, je vous dis ! J'ai du vexer une divinité du froid un jour... Skadi, Ceridwen, je vous offrirai un paquet de chips en sacrifice si vous me lachez les baskets !
Ou alors c'est l'inverse, c'est le printemps qui me fuis : Perséphone, Freyia, Cybel, et toutes les autres, c'est promis, je vous sacrifierais un second paquet de chips si vous revenez !
Je repars d'Akdağmadeni par -3 degrés au compteur et passerais la journée dans les montagnes blanches. Finalement, dès qu'il n'y a pas de vent, c'est joli et pas désagréable. Un peu comme les vacances au ski quand j'étais petit... Mais la route redescend dans la plaine en fin de journée, et le lendemain, c'est le grand soleil pour arriver à Sivas.
Non mais sans blague, j'avais déjà eu de la neige avant d'arriver à Ankara, et ça continue après Yozgat. Je suis arrivé sous le soleil à Sorgun, mais le lendemain, je constate qu'il a neigé pendant la nuit : manteau blanc sur tout le pays ! Et une heure après mon départ, la neige reprend . Le vent n'arrange pas les choses mais j'ai la technique : je mets mon parapluie contre mon épaule et le manche en travers de la poitrine, le vent violent le maintient en place et je peux marcher les mains dans les poches sans le tenir, tranquille. Et il neige et il vente toute la journée. Lorsque j'arrive dans les montagnes à Akdağmadeni, il y a 20 cm de neige et -2 degrés au panneau d'affichage. Fin mars, tout de même !
Nuançons : les turcs me disent que ça fait 10 ans qu'ils n'ont pas eu autant de précipitations... Ça ne m'étonne pas trop, je suis abonné au phénomène : la première fois que je vais en Ardèche il neige comme c'est pas possible en plein mois d'avril. J'arrive en Corse au mois de Juin : encore de la neige le jour de mon arrivée. Je passe en Autriche au mois de Mai : 1 mêtre de neige dans le Tyrol. Et à chaque fois la même réaction des locaux : "On n'avait pas vu ça depuis longtemps !".
Abonné, je vous dis ! J'ai du vexer une divinité du froid un jour... Skadi, Ceridwen, je vous offrirai un paquet de chips en sacrifice si vous me lachez les baskets !
Ou alors c'est l'inverse, c'est le printemps qui me fuis : Perséphone, Freyia, Cybel, et toutes les autres, c'est promis, je vous sacrifierais un second paquet de chips si vous revenez !
Je repars d'Akdağmadeni par -3 degrés au compteur et passerais la journée dans les montagnes blanches. Finalement, dès qu'il n'y a pas de vent, c'est joli et pas désagréable. Un peu comme les vacances au ski quand j'étais petit... Mais la route redescend dans la plaine en fin de journée, et le lendemain, c'est le grand soleil pour arriver à Sivas.
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