Bon. Mon elan retrouve, je me retrouve quelques jours plus tard a Mycene. Le temps change legerement : un peu moins chaud, des nuages... c'est plus facile.
Que dire d'autre ?
Je visite, je marche, je dors, je visite... Tout en remontant vers le nord, les nuages se font de plus en plus persistants, et c'est sous une pluie fine que je parviens a Athene. Un vrai temps normand ! Fini le soleil.
Je me loge a l'auberge de jeunesse, histoire de dormir : j'ai vu le camping, je n'ai aucune chance de fermer l'oeil ! ces imbeciles l'ont construit sur la route principale qui sort d'Athene : une 3x3 voies qui repart sur l'autoroute. Le volume sonore est pas possible. Mais pourquoi ils l'ont mis la ??? Bon, bref, peu importe. En plus, ma tente a besoin d'etre menagee : a force d'etre montee et remontee tous les jours, elle commence a montrer des signes de fatigues : outre les super piquets soi-disant super solides qui ressembles aujourd'hui a des tire-bouchons quand ils ne sont pas casses (il m'en reste 7 potables sur les 15 de depart), les arceaux eux-memes faiblissent. J'en ai casse un justement avant d'arriver a Mycene : la nuit tombe, l'orage arrive, je monte ma tente vite-fait pour me planquer, et craque un arceau qui casse... et la pluie tombe.
Ca s'appelle un grand moment de solitude.
Heureusement, j'ai un manchon de renfort, mais je l'utilisais deja sur le premier arceau qui a un probleme aussi. Resultat, ma tente tiens debout, mais elle a une drole de touche. Pas grave, ca ira bien jusqu'a Istanbul.
Pour les sites archeologiques, les musees, je m'amuse bien, c'est tres interessant, mais je prefere vous mettre des photos plutot que de me lancer dans des explications hasardeuses. Ce sera pour la prochaine fois (j'ai oublie mon cable USB).
Demain, je repars, et devrais atteindre Delphe dans 4 jours.
lundi 22 septembre 2008
Olympie
Ca vaut le detour. Moi qui aime les vieilles pierres, je suis servi !
Il y a enormement de francais en Grece, c'est une destination tres populaire : alors je vais pas trop developper, car soit vous connaissez deja, soit vous souhaitez (peut-etre) y aller un jour.
Olympie est le premier grand site archeologique que je visite. On y voit les temples, le stades, des batiment d'epoque romaine, ionienne, ou dorienne (comme le temple d'Era)... Pardon, je me trompe : on ne voit pas les batiments, on voit seulement leurs fondations, 2 ou 3 colonnes encore debout, un pan de mur, et un gros tas de pierre a cote.
Mais moi, ca me parle, j'ai de l'imagination... Je prends mon temps, je regarde 2 enfants faire la course sur le stade, et je profite : nous sommes debut septembre, le nombre de touriste a considerablement diminue, il est 17 ou 18 heures, il n'y a pas grand monde, le soleil descend et donne a la pierre blanche des teintes oranges... sympa, quoi.
Un detail choque au passage : tout a brule dans l'ouest du Pelopponese il y a 2 ans, vous vous souvenez ? Et bien encore maintenant, on voit bien les traces de feu jusqu'au bord du stade : ils ont eu chaud ! Le lendemain matin, je remarque des lances a eau en action un peu partout : les autorites mettent les moyens pour redonner au coin sa verdure d'origine, et ils sont en train de noyer la zone sous des tonnes d'eau. Faut dire qu'a l'entree de la ville, il y a un panneau "Olympie, citee verte"! C'est vrai que maintenent, ca fait rire.
Le musee des jeux olympiques et le musee correspondant au site archeologique sont tres bien aussi ! Vraiment interressant !
Malheureusement, vous n'aurez pas de photos.
2 jours plus tards, j'arrive a Kalamata, sur la cote sud du Pelopponese, afin de rejoindre Sparte et Mystras. Je quitte la ville en fin d'apres-midi, fais quelques km en montagne, et m'arrete dans un champs d'olivier (pour changer : Pas de ma faute, il n'y a que ca, ici!). Le lendemain, je repars, mais vu que je suis super fatigue depuis 2 ou 3 jours (je dors mal ces derniers temps), je traine. La route est belle, s'eleve dans les montagnes, mais ca ne m'arrange pas trop : j'ai plus d'eau depuis hier soir et je n'en trouve pas sur ma route. Donc au bout de 5 heures de marche, j'arrive au village d'Artemisia completement cuit, enfin "sec", je veux dire. Je me pose, je mange, je bois, tout va bien (mieux). Mais voila que s'arretent 2 cars de touristes qui dechargent leur passagers dans mon resto ! (vu que c'est le seul du coin). Je lutte pas, je prends mon sac et je me tire. Mais comme il est 14 heures, pas question de reprendre la route dans la fournaise : je fais 300 m et trouve un banc sous un arbre, au bord de la route, isole... super.
Je pose mon sac, m'allonge sur le banc et dors une heure.
Au reveil, plus d'appareil photo.
C'est bete, hein ? En pleine montagne, personne dans le coin, les enfants a l'ecole, les adultes au travail... y'avait que les petits vieux qui pouvaient passer par la a pied...
Je retourne au restaurant, rien. Je refais tout le trajet 2 fois, rien. Un type qui parle anglais me conseille de retourner a Kalamata voir la police touristique pour faire un declaration. Je ne crois pas que ca serve a grand chose, mais il est vrai que c'est le minimum a faire. OK, allons-y. Je fais du stop et trouve tres vite une voiture qui me ramene a mon point de depart. Encore une heure pour trouver la police, une autre pour la declaration, et je me retrouve a 19 heures a mon point de depart de la veille...
Je deprime.
Deja, le fait de perdre mon appareil : c'est pas le materiel en soit, car je savais bien que je me le ferai piquer un jour ou l'autre, mais il y avait dedans toutes les photos depuis Dubrovnik ! Un mois de photos, presque 300 prises ! Tout ce qu'il en reste, c'est ce qui se trouve dans la passoire qui me sert de tete ! La crise...........
Et puis etre contraint de revenir en arriere... Je deteste ca. Vraiment ! je reviens jamais en arriere, sauf en cas d'erreure de parcours. Je fais jamais demi-tour, c'est toujours devant que ca se passe, toujours. Alors le fait de me retrouver a nouveau a Kalamata, la perte de mes photos, la fatigue toujours bien presente......
Et zut. Je retourne au camping, et le lendemain, je passe la journee a rien faire, je stagne dans un cafe, un centre internet, un parc... Je trouve une boutique et rachete un nouvel appareil photo, et commence a songer a la suite vers le soir...
Voila pourquoi je n'ai pas de photos pour Olympie.
Il y a enormement de francais en Grece, c'est une destination tres populaire : alors je vais pas trop developper, car soit vous connaissez deja, soit vous souhaitez (peut-etre) y aller un jour.
Olympie est le premier grand site archeologique que je visite. On y voit les temples, le stades, des batiment d'epoque romaine, ionienne, ou dorienne (comme le temple d'Era)... Pardon, je me trompe : on ne voit pas les batiments, on voit seulement leurs fondations, 2 ou 3 colonnes encore debout, un pan de mur, et un gros tas de pierre a cote.
Mais moi, ca me parle, j'ai de l'imagination... Je prends mon temps, je regarde 2 enfants faire la course sur le stade, et je profite : nous sommes debut septembre, le nombre de touriste a considerablement diminue, il est 17 ou 18 heures, il n'y a pas grand monde, le soleil descend et donne a la pierre blanche des teintes oranges... sympa, quoi.
Un detail choque au passage : tout a brule dans l'ouest du Pelopponese il y a 2 ans, vous vous souvenez ? Et bien encore maintenant, on voit bien les traces de feu jusqu'au bord du stade : ils ont eu chaud ! Le lendemain matin, je remarque des lances a eau en action un peu partout : les autorites mettent les moyens pour redonner au coin sa verdure d'origine, et ils sont en train de noyer la zone sous des tonnes d'eau. Faut dire qu'a l'entree de la ville, il y a un panneau "Olympie, citee verte"! C'est vrai que maintenent, ca fait rire.
Le musee des jeux olympiques et le musee correspondant au site archeologique sont tres bien aussi ! Vraiment interressant !
Malheureusement, vous n'aurez pas de photos.
2 jours plus tards, j'arrive a Kalamata, sur la cote sud du Pelopponese, afin de rejoindre Sparte et Mystras. Je quitte la ville en fin d'apres-midi, fais quelques km en montagne, et m'arrete dans un champs d'olivier (pour changer : Pas de ma faute, il n'y a que ca, ici!). Le lendemain, je repars, mais vu que je suis super fatigue depuis 2 ou 3 jours (je dors mal ces derniers temps), je traine. La route est belle, s'eleve dans les montagnes, mais ca ne m'arrange pas trop : j'ai plus d'eau depuis hier soir et je n'en trouve pas sur ma route. Donc au bout de 5 heures de marche, j'arrive au village d'Artemisia completement cuit, enfin "sec", je veux dire. Je me pose, je mange, je bois, tout va bien (mieux). Mais voila que s'arretent 2 cars de touristes qui dechargent leur passagers dans mon resto ! (vu que c'est le seul du coin). Je lutte pas, je prends mon sac et je me tire. Mais comme il est 14 heures, pas question de reprendre la route dans la fournaise : je fais 300 m et trouve un banc sous un arbre, au bord de la route, isole... super.
Je pose mon sac, m'allonge sur le banc et dors une heure.
Au reveil, plus d'appareil photo.
C'est bete, hein ? En pleine montagne, personne dans le coin, les enfants a l'ecole, les adultes au travail... y'avait que les petits vieux qui pouvaient passer par la a pied...
Je retourne au restaurant, rien. Je refais tout le trajet 2 fois, rien. Un type qui parle anglais me conseille de retourner a Kalamata voir la police touristique pour faire un declaration. Je ne crois pas que ca serve a grand chose, mais il est vrai que c'est le minimum a faire. OK, allons-y. Je fais du stop et trouve tres vite une voiture qui me ramene a mon point de depart. Encore une heure pour trouver la police, une autre pour la declaration, et je me retrouve a 19 heures a mon point de depart de la veille...
Je deprime.
Deja, le fait de perdre mon appareil : c'est pas le materiel en soit, car je savais bien que je me le ferai piquer un jour ou l'autre, mais il y avait dedans toutes les photos depuis Dubrovnik ! Un mois de photos, presque 300 prises ! Tout ce qu'il en reste, c'est ce qui se trouve dans la passoire qui me sert de tete ! La crise...........
Et puis etre contraint de revenir en arriere... Je deteste ca. Vraiment ! je reviens jamais en arriere, sauf en cas d'erreure de parcours. Je fais jamais demi-tour, c'est toujours devant que ca se passe, toujours. Alors le fait de me retrouver a nouveau a Kalamata, la perte de mes photos, la fatigue toujours bien presente......
Et zut. Je retourne au camping, et le lendemain, je passe la journee a rien faire, je stagne dans un cafe, un centre internet, un parc... Je trouve une boutique et rachete un nouvel appareil photo, et commence a songer a la suite vers le soir...
Voila pourquoi je n'ai pas de photos pour Olympie.
jeudi 4 septembre 2008
Record battu !
Il tenait depuis mon arrivee sur Innsbruck : presque 60 km ce jour la...
C'est vieux !
Parti 4 km au sud de Patra, premiere ville du peloponese, je suis arrive a Olympie hier soir a 20h.
113 km en 2 jours ! 50km le premier jour et 63 le second !
Fatigue, mais content.
En fait, je ne devais en faire que 92, mais ma carte se trompe sur un kilometrage, me rajoutant 3 km "surprise", et je me suis goure de direction le soir du premier jour, m'occasionant 15 km de rab dont je me serais bien passe.
J'explique : le matin du premier jour, je marche bien et fait 30 km avant de m'arreter a 14 h dans un cafe. Je calcule alors qu'en marchant aussi bien le soir, je pourrais pretendre arriver a Olympie des le lendemain, puisque la ville ne sera plus qu'a 45 km, ce qui correspond a une journee normale...
Sauf que le soir, je me trompe de direction avant de poser ma tente... Et le matin, aussi mal reveille que d'habitude, je persiste et signe pendant 2 heures !!! Ce n'est qu'a 9h que je realise que j'ai le soleil dans les yeux au lieu de l'avoir dans le dos.
Mais qu'il est con !!!!!!
C'est pas croyable : apres plus de 4 mois de marche, pas etre foutu de distinguer l'est de l'ouest !!! Boulet un jour, boulet toujours !
Je m'en veux, je fulmine, j'ai les nerfs.
M'en fiche, j'arriverai quand meme a Olympie ce soir. Je suis furax, car au bilan, je suis revenu a mon point de depart a 10h, et j'ai toujours mes 45km (qui passeront a 48) a faire !
Je fonce, profite de mon enervement pour faire du 6km/h, je supprime les pauses, et trace la route jusqu'a 15h. Je prends alors une heure pour manger, boire, et me poser 5 min, et je repars pour 4 heures de marche. Et j'arrive a me poser dans le premier camping d'olympie avant le coucher du soleil.
Content de la performance, mais a vrai dire, c'est surtout le signe que je suis tetu comme un mulet, car je n'avais aucun interet particulier a respecter mon "Patras-Olympie en 2 jrs", et a present, j'ai mal partout...
C'est vieux !
Parti 4 km au sud de Patra, premiere ville du peloponese, je suis arrive a Olympie hier soir a 20h.
113 km en 2 jours ! 50km le premier jour et 63 le second !
Fatigue, mais content.
En fait, je ne devais en faire que 92, mais ma carte se trompe sur un kilometrage, me rajoutant 3 km "surprise", et je me suis goure de direction le soir du premier jour, m'occasionant 15 km de rab dont je me serais bien passe.
J'explique : le matin du premier jour, je marche bien et fait 30 km avant de m'arreter a 14 h dans un cafe. Je calcule alors qu'en marchant aussi bien le soir, je pourrais pretendre arriver a Olympie des le lendemain, puisque la ville ne sera plus qu'a 45 km, ce qui correspond a une journee normale...
Sauf que le soir, je me trompe de direction avant de poser ma tente... Et le matin, aussi mal reveille que d'habitude, je persiste et signe pendant 2 heures !!! Ce n'est qu'a 9h que je realise que j'ai le soleil dans les yeux au lieu de l'avoir dans le dos.
Mais qu'il est con !!!!!!
C'est pas croyable : apres plus de 4 mois de marche, pas etre foutu de distinguer l'est de l'ouest !!! Boulet un jour, boulet toujours !
Je m'en veux, je fulmine, j'ai les nerfs.
M'en fiche, j'arriverai quand meme a Olympie ce soir. Je suis furax, car au bilan, je suis revenu a mon point de depart a 10h, et j'ai toujours mes 45km (qui passeront a 48) a faire !
Je fonce, profite de mon enervement pour faire du 6km/h, je supprime les pauses, et trace la route jusqu'a 15h. Je prends alors une heure pour manger, boire, et me poser 5 min, et je repars pour 4 heures de marche. Et j'arrive a me poser dans le premier camping d'olympie avant le coucher du soleil.
Content de la performance, mais a vrai dire, c'est surtout le signe que je suis tetu comme un mulet, car je n'avais aucun interet particulier a respecter mon "Patras-Olympie en 2 jrs", et a present, j'ai mal partout...
Histoire etrange...
Je quitte Agrinio, petite ville d'Epyre, et prends la direction de Mesolongie, sur la cote, au sud. Le soleil ne chauffe pas encore, il est 8h, et j'avance rapidement, comme toujours le matin. Quelques kilometres plus loin, je remarque une voiture arretee sur le cote : un homme assis sur le siege passager, le chauffeur a l'exterieur, sur le bord de la route, faisant signe aux autres voitures de s'arreter.
Mais personne ne s'arrete.
J'arrive a leur hauteur, le type me remarque, se retrourne et me fait le meme geste.
-Tu parles anglais ?
- voui
Le gars joint les 2 mains en signe de priere et me dis :
- s'il te plais, n'aurais-tu pas 20 euros a me donner ? c'est pour acheter de l'essence, on est en panne. En echange, je te donne ma bague, c'est de l'or.
Il me montre en effet une petite chevaliere doree. Habitue aux albanais, je me dis qu'il doit surtout s'agir d'une breloque en plaque or a 1 euro.
Dans ces conditions, pourquoi ai-je accepte de l'aider ?
Je n'ai pas reflechis beaucoup : j'etais dans le coltar, pas reveille, un type me demande de l'aide... C'est debile, je manquerai d'argent avant la fin de mon voyage !
Mais voila, je sors mon portefeuille et lui file ses 20 euros.
Le type s'illumine de l'interieur !
-Merci, merci ! Tiens, la bague est a toi !
- J'en veux pas d'ta breloque, qu'est-ce que j'en ferai ?
- Mais si, prend la ! Et il me la met d'office dans la main, et la, j'allucine : il veut m'embrasser la main et je n'ai que le temps de le retenir !
Il me remercie encore comme si j'etais le Messie en personne descendu directement pour lui filer un coup de main.
- D'ou es-tu ?
- De France, et toi ?
Il me montre sa plaque d'immatriculation : Bulgarie
Un mot de politesse, et on se separe.
Et je l'oublie aussi sec. Je suis toujours a moitie endormi, le paysage est beau, je visite une jolie chapelle encastree dans une falaise, je me promene dans les gorges de montagnes...
Vers 13h, je m'arrete dans un cafe et sors mon carnet de note. C'est alors que mon bulgare me revient en memoire : mais c'etait quoi, ce type ???
Je ressort la bague de ma poche et l'examine : c'est bien du metal. Les marques de decoration prouvent un travail manuel. A l'interieur, je distingue 2 marques : la premiere est illisible, la seconde indique "18k"`-> 18 carats ? %&*@ ! C'est bien de l'or, en plus !
Ce type me file une chevaliere en or en echange de 15 a 20 litres de diesel ?!?
Il est a combien, le baril de petrole, en ce moment ? Il devait vraiment etre presse de se tirer, et vite. Et cette facon de me remercier... On aurait dit que je lui sauvais reellement la vie !
4 jours plus tard (aujourd'hui, donc), je me rends chez un bijoutier : il me confirme qu'il s'agit bien d'or, mais vu la provenance, me conseille plutot de la garder en souvenir plutot que d'essayer de revendre un element dont on ignore la provenance.
C'etait bien mon intention.
Mais personne ne s'arrete.
J'arrive a leur hauteur, le type me remarque, se retrourne et me fait le meme geste.
-Tu parles anglais ?
- voui
Le gars joint les 2 mains en signe de priere et me dis :
- s'il te plais, n'aurais-tu pas 20 euros a me donner ? c'est pour acheter de l'essence, on est en panne. En echange, je te donne ma bague, c'est de l'or.
Il me montre en effet une petite chevaliere doree. Habitue aux albanais, je me dis qu'il doit surtout s'agir d'une breloque en plaque or a 1 euro.
Dans ces conditions, pourquoi ai-je accepte de l'aider ?
Je n'ai pas reflechis beaucoup : j'etais dans le coltar, pas reveille, un type me demande de l'aide... C'est debile, je manquerai d'argent avant la fin de mon voyage !
Mais voila, je sors mon portefeuille et lui file ses 20 euros.
Le type s'illumine de l'interieur !
-Merci, merci ! Tiens, la bague est a toi !
- J'en veux pas d'ta breloque, qu'est-ce que j'en ferai ?
- Mais si, prend la ! Et il me la met d'office dans la main, et la, j'allucine : il veut m'embrasser la main et je n'ai que le temps de le retenir !
Il me remercie encore comme si j'etais le Messie en personne descendu directement pour lui filer un coup de main.
- D'ou es-tu ?
- De France, et toi ?
Il me montre sa plaque d'immatriculation : Bulgarie
Un mot de politesse, et on se separe.
Et je l'oublie aussi sec. Je suis toujours a moitie endormi, le paysage est beau, je visite une jolie chapelle encastree dans une falaise, je me promene dans les gorges de montagnes...
Vers 13h, je m'arrete dans un cafe et sors mon carnet de note. C'est alors que mon bulgare me revient en memoire : mais c'etait quoi, ce type ???
Je ressort la bague de ma poche et l'examine : c'est bien du metal. Les marques de decoration prouvent un travail manuel. A l'interieur, je distingue 2 marques : la premiere est illisible, la seconde indique "18k"`-> 18 carats ? %&*@ ! C'est bien de l'or, en plus !
Ce type me file une chevaliere en or en echange de 15 a 20 litres de diesel ?!?
Il est a combien, le baril de petrole, en ce moment ? Il devait vraiment etre presse de se tirer, et vite. Et cette facon de me remercier... On aurait dit que je lui sauvais reellement la vie !
4 jours plus tard (aujourd'hui, donc), je me rends chez un bijoutier : il me confirme qu'il s'agit bien d'or, mais vu la provenance, me conseille plutot de la garder en souvenir plutot que d'essayer de revendre un element dont on ignore la provenance.
C'etait bien mon intention.
mardi 26 août 2008
Welcome chez les hellenes !
Apres avoir etabli le trace, je reprends le sac et repars en direction de Nicopolis et Prevetza. En chemin, je fais la connaissance d'un couple qui tient un restaurant sur le bord de la route (encore ? et oui...), et s'enthousiasmant pour mon voyage, ils m'offrent le gite et le couvert !! Ils m'emennent egalement visiter un petit musee qui retrace l'histoire de la Grece par des sculptures de cire representant les personnages emblematiques de differentes epoques : tres bien fait. PLus loin sur la route, je visite le petit musee de la guerre 1912-1913 : c'est en effet de ce petit chateau que durant plusieurs annees, le roi et l'etat major grec ont mene la reconquete du pays sur le front albanais. Le musee est gardes par 3 militaires, et c'est un jeune appele qui me fera la visite pour moi tout seul : moi qui adore les lecons d'histoire ! trop cool !
La suite l'est moins : je quitte les zones montagneuses qui me maintenaient a l'ombre depuis la veille, et la chaleur atteint des sommets, frisant les 40 degres a l'ombre ! Je me fais l'effet d'un hamster dans un seche-linge ! Apres seulement 4 jours de marche, je m'arrete a nouveau a Preveza pour dormir.
La suite l'est moins : je quitte les zones montagneuses qui me maintenaient a l'ombre depuis la veille, et la chaleur atteint des sommets, frisant les 40 degres a l'ombre ! Je me fais l'effet d'un hamster dans un seche-linge ! Apres seulement 4 jours de marche, je m'arrete a nouveau a Preveza pour dormir.
Albanie, deuxieme partie.
Ne nous etandons par sur Durres : rien a part les ruines d'un ancien batiment romain (amphitheatre ?) pas mis en valeur, et quelques metres de remparts encore debout.

Passons.
Je continue de descendre vers le Sud, et a Fier, je quitte la route principale pour couper directement vers la Grece, en passant par Tepelene. Si vous ne voyez pas ou c'est, je vous renvois a la carte d'europe sur les premiers messages du mois d'avril.
A partir de la, beaucoup de choses changent. Il faut d'abord savoir que la moitiee des habitants du pays vivent a la campagne : petites exploitations et variation des cultures et de l'elevage. Le decors s'en ressent, et je traverserai jusqu'a la frontiere un joli paysage aux couleurs fauves, jaunes, ou marron, dans une plaine de bocage bordee de montagnes dont la roche passe du bleu sombre le matin, au marron/blanc dans la journee, puis au rose le soir. Bucolique, champetre, sympa quoi.


Les gens aussi, sont d'un abord agreable, et je dors dans les champs a poings fermes, contrairement au montenegro ou j'avais toujours un oeil ouvert. Comme d'habitude pour ce genre de situation, la vie ici est dure, mais simple : les bergers passent la journee a l'ombre pour garder 3 vaches ou 10 pintades, les jeunes proposent comme en ville de laver les voitures (a noter que tout le monde passe son temps a laver les voitures ici ! completement dingue ! Je trouve une station de "Lavazh" tous les km !), et je ne vois que quelques vieux tracteurs : tout est encore fait a la main, a l'aide de nombreux anes ou petits chevaux.
Cependant, le moindre village apporte comme en ville ses decharges et sa polution : je ne risquerais pas un orteil dans le moindre point d'eau, meme courante, de tout le pays ! Meme quand il n'y a pas de dechets en surface, je note de vastes plaques irisees signalant la presence d'huile ou d'essence dans la flotte : pas besoin de chercher loin, je trouve souvent de vieux tankers rouilles pas loin... beurk.

Ca, c'est une riviere ! Si si ! L'eau coule...dessous !
De l'eau, de la bonne, j'en ai trouve en revanche a Telepene : autrefois la capitale regionale de la region du temps de la domination Turc. Son grand homme locale est Ali Pacha (1740-1822 quelque chose comme ca) : ce charmant garcon est notamment connu pour avoir noye tout son harem dans le lac de Ioaninna (aujourd'hui en Grece)... Mais revenons a Tepelene : certe le chateau et les remparts son concerves, mais ce qui en fait sa celebrite, c'est une source d'eau tres abondante et de qualite, et tout le monde s'arrete pour y faire etape. C'est bien simple, l'eau coule a flot, de partout ! Tous les 2m, un tube sort de la roche et crache a profusion. Des restaurants se sont montes dans la foret et ont eriges des terrasses qui font descendre l'eau en cascade : pas besoin de demander au serveur, il suffit de se pencher pour avoir un verre d'eau fraiche. J'ai bien aime, d'autant que la chaleur, justement, est penible.
Plus loin, on trouve egalement Gjirokaster et peut etre le plus beau chateau de l'Albanie. Je m'y offre une nuit d'hotel pour me refaire, car la chaleur, en plus de miner le physique et le moral, me met l'estomac a l'envers... les joies du voyage...
Bref, j'arrive a la frontiere de Grece au passage de Kakavie. Pas de lezards, mais un detail me frappe : c'est vert ! Je me retourne et prends une photo : les montagnes albanaises, les champs, bref, tout le pays est marron. Une frontiere politique, un grillage, rien en fait, et tout est vert de chez vert cote grec ! Quelqu'un a l'explication ?

Vous voyez les montagnes en arriere plan ? C'est l'Albanie. Devant, en vert, c'est la grece...
Vert = vegetation = arbres = ombre (au moins de temps en temps) C'est donc un poil plus confortable et j'arrive a Ioaninna en 2 jours. La, je me pose une journee le temps de trouver une bonne carte de la grece et de preparer la suite.
Autre confort : les gens conduisent a nouveau normalement ! Faut tout de meme reconnaitre que les Albanais conduisent comme des malpropres, preferant klaxonner comme des demeures plutot que de freiner, ralentir, ou tout simplement eviter de doubler dans les virages...
J'ai egalement retrouve en passant cette frontiere la peur de "l'albanais" :
- Bonsoir, c'est possible de dormir dans le champs en face, la ? Je gene personne ?
- Non non, mais il ne vaut mieux pas se mettre la.
- Pourquoi ? il y a un probleme ?
- Ben, les sans-papiers albanais ont l'habitude de passer par la pour entrer en Europe. Reste plutot pres du batiment, la ou on peut te voir.
Comme en Slovenie, comme en Croatie ou au Montenegro, l'albanais fait peur. Sa reputation est execrable (mafia, systeme D, reseau...).
Apres y avoir passe 2 semaines, je souhaiterais tout de meme dire un mot pour les Albanais. Je ne sais pas ce qu'ils valent a l'exterieur, mais chez eux, il faut distinguer ceux des villes et ceux des champs. En ville, il faut bien avouer qu'a part 10% de la population qui se debrouille (on se demande parfois comment), le reste survie, et les jeunes tachent surtout de gagner les 6 ou 7000 euros necessaires au passage en Europe. Tous les moyens sont bons pour ca, et meme si les gens sont souriants et discutent volontier, c'est pas ideal. Mais je me met a leur place : je crois que moi aussi, connaissant le monde exterieur par la tele, je ferais tout mon possible pour me tirer d'ici ! Surtout quand l'oncle ou le grand frere revient au pays 5 ans plus tard avec les poches pleines. A la campagne, en revanche, c'est tres different : la vie coule doucement, comme autrefois, les gens sont simples, tranquilles, et certains nerveux de chez nous feraient bien de prendre exemple sur leur bon sens.
Ne mettons donc pas tous les Albanais dans le meme sac.
Passons.
Je continue de descendre vers le Sud, et a Fier, je quitte la route principale pour couper directement vers la Grece, en passant par Tepelene. Si vous ne voyez pas ou c'est, je vous renvois a la carte d'europe sur les premiers messages du mois d'avril.
A partir de la, beaucoup de choses changent. Il faut d'abord savoir que la moitiee des habitants du pays vivent a la campagne : petites exploitations et variation des cultures et de l'elevage. Le decors s'en ressent, et je traverserai jusqu'a la frontiere un joli paysage aux couleurs fauves, jaunes, ou marron, dans une plaine de bocage bordee de montagnes dont la roche passe du bleu sombre le matin, au marron/blanc dans la journee, puis au rose le soir. Bucolique, champetre, sympa quoi.
Les gens aussi, sont d'un abord agreable, et je dors dans les champs a poings fermes, contrairement au montenegro ou j'avais toujours un oeil ouvert. Comme d'habitude pour ce genre de situation, la vie ici est dure, mais simple : les bergers passent la journee a l'ombre pour garder 3 vaches ou 10 pintades, les jeunes proposent comme en ville de laver les voitures (a noter que tout le monde passe son temps a laver les voitures ici ! completement dingue ! Je trouve une station de "Lavazh" tous les km !), et je ne vois que quelques vieux tracteurs : tout est encore fait a la main, a l'aide de nombreux anes ou petits chevaux.
Cependant, le moindre village apporte comme en ville ses decharges et sa polution : je ne risquerais pas un orteil dans le moindre point d'eau, meme courante, de tout le pays ! Meme quand il n'y a pas de dechets en surface, je note de vastes plaques irisees signalant la presence d'huile ou d'essence dans la flotte : pas besoin de chercher loin, je trouve souvent de vieux tankers rouilles pas loin... beurk.
Ca, c'est une riviere ! Si si ! L'eau coule...dessous !
De l'eau, de la bonne, j'en ai trouve en revanche a Telepene : autrefois la capitale regionale de la region du temps de la domination Turc. Son grand homme locale est Ali Pacha (1740-1822 quelque chose comme ca) : ce charmant garcon est notamment connu pour avoir noye tout son harem dans le lac de Ioaninna (aujourd'hui en Grece)... Mais revenons a Tepelene : certe le chateau et les remparts son concerves, mais ce qui en fait sa celebrite, c'est une source d'eau tres abondante et de qualite, et tout le monde s'arrete pour y faire etape. C'est bien simple, l'eau coule a flot, de partout ! Tous les 2m, un tube sort de la roche et crache a profusion. Des restaurants se sont montes dans la foret et ont eriges des terrasses qui font descendre l'eau en cascade : pas besoin de demander au serveur, il suffit de se pencher pour avoir un verre d'eau fraiche. J'ai bien aime, d'autant que la chaleur, justement, est penible.
Plus loin, on trouve egalement Gjirokaster et peut etre le plus beau chateau de l'Albanie. Je m'y offre une nuit d'hotel pour me refaire, car la chaleur, en plus de miner le physique et le moral, me met l'estomac a l'envers... les joies du voyage...
Bref, j'arrive a la frontiere de Grece au passage de Kakavie. Pas de lezards, mais un detail me frappe : c'est vert ! Je me retourne et prends une photo : les montagnes albanaises, les champs, bref, tout le pays est marron. Une frontiere politique, un grillage, rien en fait, et tout est vert de chez vert cote grec ! Quelqu'un a l'explication ?
Vous voyez les montagnes en arriere plan ? C'est l'Albanie. Devant, en vert, c'est la grece...
Vert = vegetation = arbres = ombre (au moins de temps en temps) C'est donc un poil plus confortable et j'arrive a Ioaninna en 2 jours. La, je me pose une journee le temps de trouver une bonne carte de la grece et de preparer la suite.
Autre confort : les gens conduisent a nouveau normalement ! Faut tout de meme reconnaitre que les Albanais conduisent comme des malpropres, preferant klaxonner comme des demeures plutot que de freiner, ralentir, ou tout simplement eviter de doubler dans les virages...
J'ai egalement retrouve en passant cette frontiere la peur de "l'albanais" :
- Bonsoir, c'est possible de dormir dans le champs en face, la ? Je gene personne ?
- Non non, mais il ne vaut mieux pas se mettre la.
- Pourquoi ? il y a un probleme ?
- Ben, les sans-papiers albanais ont l'habitude de passer par la pour entrer en Europe. Reste plutot pres du batiment, la ou on peut te voir.
Comme en Slovenie, comme en Croatie ou au Montenegro, l'albanais fait peur. Sa reputation est execrable (mafia, systeme D, reseau...).
Apres y avoir passe 2 semaines, je souhaiterais tout de meme dire un mot pour les Albanais. Je ne sais pas ce qu'ils valent a l'exterieur, mais chez eux, il faut distinguer ceux des villes et ceux des champs. En ville, il faut bien avouer qu'a part 10% de la population qui se debrouille (on se demande parfois comment), le reste survie, et les jeunes tachent surtout de gagner les 6 ou 7000 euros necessaires au passage en Europe. Tous les moyens sont bons pour ca, et meme si les gens sont souriants et discutent volontier, c'est pas ideal. Mais je me met a leur place : je crois que moi aussi, connaissant le monde exterieur par la tele, je ferais tout mon possible pour me tirer d'ici ! Surtout quand l'oncle ou le grand frere revient au pays 5 ans plus tard avec les poches pleines. A la campagne, en revanche, c'est tres different : la vie coule doucement, comme autrefois, les gens sont simples, tranquilles, et certains nerveux de chez nous feraient bien de prendre exemple sur leur bon sens.
Ne mettons donc pas tous les Albanais dans le meme sac.
samedi 9 août 2008
L'Albanie, entre Shkoder et Durres.
La situation de ce pays est pire que celle du Montenegro, et pourtant, je m'y sens bien mieux. Les gens, ici, savent encore sourire (les hommes, surtout, parce que les femmes... mais je developperai plus loin).
J'ai affaire a une population pauvre, mais accueillante. D'une facon generale, ca ressemble un peu a ce que j'avais pu lire ou entendre sur la Turquie ! J'en aurai la confirmation quand j'y serai (ou pas). En attendant, ici, j'ai 10 propositions de prise en stop par jours, les gens sont tellement curieux qu'ils m'offrent le cafe juste pour me retenir et les satisfairent, si j'ai besoin d'aide pour trouver un hotel ou quelque chose, ils s'y mettent a plusieurs pour trouver... chaleureux.
Cependant, il faut d'abord passer l'impression de depart.
Lorsque je suis arrive a Shkoder, au nord du pays, j'ai cru m'etre trompe de route : "M'enfin, c'est le Mozambique, ici, ou quoi !?! Pardon, monsieur, l'Europe, c'est par ou ?"
La banlieue sud de la ville, ou j'ai trouve un petit hotel correct, est couverte d'ordures comme je n'en avais jamais vue ! Au milieu d'un terrain vagues se battent 2 chiens errants... dans un autre, un petit cheval est attache au piquet (Les chevaux d'ici sont plastivores ?)... Une decharge plus grande que les autres devale la berge et barre la moitiee de la riviere...Un seul pont, trop etroit pour laisser passer 2 voitures, permet a quelques hommes de pecher dedans... Des maisons minables tendance "Bidonville" en dur, avec a cote quelques batiments en cours de construction ou tous neufs (mais vides)...et partout des groupes d'hommes inactifs qui causent, qui jouent aux echecs ou aux dominos, des enfants jouent au balon...
Gloups !
En visitant, je me rends en ville, et la, malgre les trottoires defonces, et quelques decharges dans les coins, c'est une ville europeenne comme on en trouve ailleurs, avec ses avenues, places et cafes, sans interet particulier. J'y passe une journee a observer, assis a une terrasse de cafe ou marchant dans les rues, cette population qui me semble si etrange : pour la premiere fois, je me sens reellement "ailleurs" : je sais pas ou, mais ca n'a plus rien de commun avec ce que je connais, et j'ai tout a apprendre.
La voix du muezzine me rappelle que je suis dans un pays musulman : effectivement, ce n'est pas une eglise, mais une belle mosquee que j'ai devant moi. Il est 9H, la terrasse du cafe est pleine, mais un detail me frappe : que des hommes ! de tous les ages, mais pas une seule femme. L'ambiance est agreable, ils semblent tous se connaitre et passent de table en table et de cafe en cafe pour se dire bonjour, ca cause, ca papote, ca rigole... Je regarde ensuite un peu la circulation : ca confirme ce que j'avais vu hier...
Mais pour la circulation en Albanie, ca merite un paragraphe entier :
Tres simple : en ville, vous n'avez pas de feux rouges, pas de panneaux de signalisation, quelques tres rares passages pietons a demi effaces qui ne servent a personne, et il faut une separation physique importante pour forcer les vehicules a respecter le sens de circulation. Pour conduire en Albanie (si un jour vous y etes contraints et forces), vous aurez besoin d'un bon instinct de survie, de beaucoup de calme, et surtout, surtout, d'un klaxon en etat de marche ! C'est l'organe de securite numero 1. Plus meme, c'est un mode de communication complet et plus sophistique qu'il n'y parait, et je soupconne les jeunes Albanais de faire "Klaxon-2eme langue" a l'ecole...
Ca sert a dire "Attention j'arrive", "attention je passe", "attention je suis passe", "attention laisse moi passer", "bonjour", "au revoir", "as-tu pense au pain ?", etc.... Ca klaxonne de partout en permanence ! C'est tellement ancre dans le mode de conduite que beaucoup ont trafique leur klaxon pour le personnaliser : ca va du buzzer minable a la sirene de police ou d'ambulance, en passant par tous les klaxons a 2 tons, 3 tons, les alarmes de voitures... Sur la route nationale qui est bien droite, je reste persuade qu'un aveugle pourrait conduire a l'oreille ! C'est comme un immense convoi de mariee qui n'en finirait plus de passer.
Il n'y a pas d'exces de vitesse en ville : la moindre acceleration peu provoquer une catastrophe. Je verrai une mobilette aller un peu vite : 50 m plus loins, c'est le freinage en "drift" pour eviter un pieton !
Ben oui : parce qu'en plus des automobilistes qui conduisent extraordinairement mal (et je pese l'adjectif !), en ignorant totalement l'usage du retroviseur, il y a les pietons qui passent dans le traffic sans s'en soucier le moins du monde, les charrettes tires par un cheval, les tas d'ordures, les nids de poules... Je vois des auto-ecoles, mais je suppose que l'enseignement doit surtout porter sur "Comment rester en vie entre un point A et un point B"...
Mais je note que personne ne s'enerve : ici, le klaxon n'est pas synonyme d'engueulade comme chez nous, c'est vraiment pour "communiquer".
J'ai parle des femmes, tout a l'heure : c'est effectivement un vrai pays musulman ! Je crois que depuis 4 jours que je suis dans le pays, j'ai reussi a communiquer avec une seule d'entre elles pour lui demander l'hotel le plus proche. Encore m'a-t-elle repondu de mauvaise grace. Les hommes m'arretent pour savoir ou je vais, pourquoi j'ai un sac -> les femmes passent leur chemin au mieux en regardant aillleurs, au pire en me lancant un regard super noir (re-gloups). Les hommes repondent gentilment quand je leur adresse la parole -> les femmes se tirent, meme en ville !
Ceci dit, les hommes sont au cafe, et les femmes bossent, dans de tres sombreux cas.
Deduction simple et direct : je suis un cours d'initiation sur la culture arabe que je vais aborder bientot. OK. A la difference cependant que je vois tres peu de femmes voilees. Certaines, en ville notamment, abordent sans probleme le decolte+minijupe que l'on trouve partout chez nous. Et puis les hommes boivent de l'alcool et la mosquee ne semble pas le point de rassemblement : c'est l'albanie, pas l'Iran.
La mysoginie semble ici culturelle, pas religieuse. C'est comme ca. Monsieur s'occupe de servir les clients dans le bar, et Madame s'occupe de la cuisine, du menage, de la preparation des consommations, etc...
Me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : les hommes travaillent tout de meme, et parfois dure. Mais le social reste masculin.
Qu'ai-je observe d'autre durant ces 4 jours ? Malgre la pauvrete du pays, la route entre Shkoder et Durres ressemble a une belle route nationale francaise, large, tres droite, bordee tous les 2 km de stations services et de stations de lavage (j'en trouve des quantites pas croyable : ils passent leur temps a laver les voitures ici !)
Un dernier mot sur mon environnement : beaucoup de plaines, separees par de petites montagnes, et pas mal d'agriculture (surtout du Mais) et un petit peu d'elevage. Pas un elevage suisse, hein ! Juste une ou deux vaches, parfois trois dans un meme pres, pour l'usage local. Et au-dessus de villes comme Shkoder ou Lezhe, je vois des chateaux, plutot en bon etat vue de loin... il faudrait que j'en visite un, avant de sortir du pays.
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