mardi 28 juillet 2009

Visas

C'est decidemment une gajeur en Asie centrale que de passer une frontiere !
Une vrai lecon de patience, et lorsque j'en parle aux voyageurs que je rencontre, nous sommes tous d'accord la-dessus.
Le Turkmenistan me ferme la porte au nez, la France ne me laisse pas aller en Afghanistan ou au Pakistan, et a present, ce sont les chinois qui refusent tous les visas. Motif : troubles a Urumqi...
Me voici donc bloque a Bishkek.

La question etait : comment relier Samarcande et New-Dehli ?
Ben je n'ai pas encore la reponse. Lorsque j'ai appris que je n'aurais pas de visa pour le Pakistan, je suis partis au Kirghizstan pour ensuite tenter d'aller a Kashghar, en Chine, puis de la, prendre un bus pour Katmandu puis l'Inde.
J'ai quelques autres idees, et dans le pire des cas, je pourrais toujours aller la-bas en avion, mais ca m'embete. On entre dans un aeroport, on ressort quelques heures plus tard dans un autre aeroport, et le monde est completement different... Et puis ca fait tout de meme un sacre saut, Bishkek/New-Dehli !
Bref, je suis coince la pour encore un moment, le temps de tester differentes combines... Apres tout, il parait que les choses se tassent a Urumqi, alors peut etre que dans une semaine ca ira mieux. Mais n'attendez pas trop de nouvelles dans les jours qui viennent.

mardi 21 juillet 2009

Vers la Chine

Ce trajet est peut etre le plus beau et le plus agreable que j'ai pu faire depuis le depart de France.
Il faut 6 jours pour relier a pied la ville d'Osh, sur la frontiere Ouzbek, a Irkeshtam, sur la frontiere chinoise.
Le premier jour, la route s'est contente de traverser la campagne puis a monter dans les collines. Rien de notable a signaler. Je me suis fait heberger le soir par un villageois croise sur la route. J'etais un peu inquiet car je me suis rendu compte en le suivant qu'il etait un peu bourre (la vodka coule flot dans toute l'Asie Centrale), et sa femme a commence par me jeter un oeil noir en voyant son mari rentrer a la maison en zigzagant avec un invite surprise, mais finalement, ca s'est rapidement degele, et j'ai passe une soiree tres agreable.
Le lendemain, la route a pris de l'altitude pour passer un premier col a 2400 m. Le decors campagnard s'est transforme, laissant la place a de vert paturages d'herbe rase ou paissent chevaux, vaches, et moutons.
Au col, plusieurs yourtes ont ete posee, et quelques khirghizes ont monte des petits commerces sur le bord de la route. Je suis invite a dejeuner par le patron d'une Yourte-Hotel pour touristes, et teste le Koumiz pour la premiere fois.
Le Koumiz est en quelque sorte la boisson nationale : du lait de jument fermente. A esquiver autant que faire se peut ! C'est pas bon...
En passant sur la route, j'ai pu observer que les poulains etaient presques tous attaches en groupe, non loin des tentes : la jument est donc obligee de se deplacer pour le nourrir, et le khirghiz peut ainsi la traire sans avoir a courir apres. Ensuite, le lait est mis dans un sac plastique laisse au soleil et regulierement agite. Une fois pret, il a pris un gout un peu acide et tres legerement alcoolise (2 ou 3%). Les nomades le vendent ensuite sur le bord de la route, dans des bouteilles de 1 a 5 litres qui peuvent de ce fait rester plusieurs jours de plus au soleil... On ne tombe pas malade en le buvant, mais je confirme ce que la plupart des gens disent : c'est vraiment pas agreable.


Ici, cette petite kirghize voulait que je la prenne en photo : elle attend sur le bord de la route un client pour sa bouteille de koumiz, et quand elle l'a vendue, elle va en chercher une autre a la yourte derriere, dans l'alpage.

Je passe le col, et la route effectue une serie de lacets pour redescendre : pourquoi faire des km superflux quand je peux aller tout droit ? De plus, la pente semble herbeuse et verte a souhait. Je me lance donc dans les pres en ligne droite. Mais mes sandales iraniennes sont fatiguees, et le terrain nettement plus difficile vu de pres... Lorsque je me dis que je vais y laisser mes chaussures, crac ! Elles me lachent dans la seconde qui suis. Me voici pied nu dans la montagne. C'est plutot agreable dans l'herbe, mais une fois revenu sur la route, c'est galere : je n'ai pas les pieds assez dures.
J'ai parle de route, mais en fait, il s'agit d'une piste, avec plein de cailloux et de gros graviers.
Je dois vous dire que les Chinois refont la route entre Kashghar et Osh. Cette voie supporte tout le commerce entre les deux regions et se trouvaient (se trouve encore par endroit) dans un etat epouvantable. Moi, je m'en fiche, je suis a pied, mais les vehicules sont mis a la torture. Donc, presque toute la route que j'ai arpente etait en travaux, sans bitume, avec plus ou moins de trous. Bref, pieds nus = bobo.
Je suis pris en stop par une voiture dans laquelle se trouve une kirghize sympatique et anglophone qui m'invite chez ses parents : me voila case pour la nuit. Je suis comme d'habitude tres bien accueilli, mais comme mes hotes ont decide de presenter le touriste a tout le monde, je fait le tour de plusieurs maisons qui sont chaque fois l'occasion de descendre plusieurs bieres et vodka ! Ils boivent comme des trous, meme les femmes, et je ne peux pas suivre bien sur. J'arrete les frais a la cinquieme vodka, mais malgre cette reserve, le depart du lendemain matin s'avere difficile.
Je marche bien cependant, car le soir, j'arrive au Sud du pays, et la route tourne vers l'Est apres un premier col a 3600 m d'altitude, puis un second a 3500. Le paysage est magique, et je trouve mes premiers Yaks !








De hautes montagnes, couvertes comme toujours d'herbe rase et verte, un ciel bleu profond, un air pur, et quelques yourtes isolees entourees de troupeaux de chevaux ou de moutons...
Et le silence... un vrai silence, seulement perturbe par le cris d'un aigle dans le ciel. Meme ma respiration me semble faire un vacarme disgracieux.
J'ai soudain envie de m'arreter.
J'ai envie d'oublier le froid et la faim, de m'assoire sur un rocher, et de regarder l'ombre des nuages glisser sur les pentes pendant des jours, des annees, des siecles...
J'aurais voulu figer ces instants de quietude, arreter le temps !
Ce sont mes jambes qui m'ont dit de repartir : ma tete et mon coeur seraient bien restes...







J'ai du me secouer pour continuer le lendemain, mais une autre surprise m'attendait.
Apres les deux cols, la route redescend a environ 3200 m d'altitude, et arrive au village de Sary-Tash. Les montagnes s'ouvrent alors et laissent la vue s'epanouir sur une plaine (si tant est que l'on puisse parler de "plaine" a cette hauteur) etroite, limitee en largeur par... un mur.
Immense.
Blanc.
Les montagnes du Pamyre.








Une barriere de roche et de neige scintillante sous le soleil qui s'etend d'Est en Ouest jusqu'a l'horizon, limitant la vallee a une largeur de quelques km seulement, et dont les pointes qui se perdent dans les nuages peuvent depasser 7000 metres d'atitude ! J'avais par exemple le mont Lenine sous les yeux qui pointait a 7154 m d'apres mes infos... Meme depuis une hauteur de plus de 3000 m, ca parait gigantesque.
Un paysage fantastique dont je n'arrivais plus a decrocher les yeux.










Ce genre de paysage que l'on imagine dans les histoires qui parlent d'un pays cache protege par une barriere de montagnes infranchissables, et sur lequel courrent toutes sortent de mythes et de legendes. Plus simplement, ici, c'est la frontiere avec le Tadjikistan, mais tout de meme !









Il aura fallu un changement de climat pour me ramener sur Terre : un vent froid et fort s'est leve, des nuages se sont accumules me coupant de la chaleur du soleil, et quelques gouttes de pluie ont commence a tomber... Alors seulement j'ai pris conscience que j'etais glace, absolument pas equipe pour le froid, pieds nus en sandale sur un col a 3500 m, sur une route defoncee ou ne passait presque personne, que le soir commencait a tomber... Et evidemment, plus une seule yourte pour m'accueillir. Apres une demi heures de marche ou mon imagination s'est mise a faire des bonds, j'a pris le premier 4x4 qui passait et suis retourne dormir a Sary-Tash. J'ai appris a cette occasion que si j'avais continue encore un peu au lieu de betement me faire peur tout seul, j'aurais trouve des yourtes pour m'accueillir un peu plus loin... Toujours pareil, manque de maitrise.

Khirghizstan

Une fois mon visa obtenu a Tashkent, je prends le bus, puis un taxi, puis un autre bus, puis encore un autre, et me voici a la frontiere entre l'Ouzbekistan et le Khirghizstan.

Je passe sans encombre, apres avoir rempli le formulaire comme quoi je ne porte pas d'armes, de drogue, ou d'autres substances nocives, et me voila au poste suivant. A priori, ce sont les memes : la casquette des flics est encore plus grande et ridicule, mais les gens mangent la meme chose, parlent la meme langue, ont la meme histoire (ex-URSS).

Me voici a Osh (pas Auch, hein !)

Cette ville est la seconde du pays par son importance, mais elle elle est coupee de la capitale, Bishkek, par une chaine de hautes montagnes qui rend toute communication difficile entre les deux villes.
Hors, moi, me fiant a ce que m'a dit un Khirghize, je dois y aller pour obtenir un visa Chinois.
Toujours dans mon operation "Contourner le Pakistan - rocade Est", je veux me rendre a Kashghar, a l'Ouest de la Chine, chez les Ouighours. Je sais qu'il y a eu quelques troubles recemment dans la capitale regionale, Urumqi, et je ne sais pas si je pourrais avoir un visa, mais en Asie centrale, il ne sert a rien de planifier quoi que ce soit : tout peut changer d'un jour a l'autre, ce qui oblige tout le monde a voyager "a l'arrache".
Par exemple, la frontiere que je viens de traverser a ete fermee et reouverte plusieurs fois dans le mois de Juin, et je n'etais meme pas sur d'arriver a Osh.

Une fois a l'hotel, je fais la connaissance de trois voyageurs qui cherchent un quatrieme compere pour remplir un taxi pour la capitale : un israelien, un coreen, un suisse... et bibi.
Je ne prends donc pas le temps de visiter la ville (j'aurais du, mais je le saurais plus tard), et tot le lendemain, nous voila parti. Nous avons laisse l'israelien negocier le prix, car outre qu'il a deja fait le voyage une fois, j'ai eu l'occasion d'observer en Ouzbekistan qu'il n'y a pas meilleur qu'un israelien pour obtenir un prix correct et eviter les arnaques. En plus, celui-la parlait russe, ce qui est tout de meme un avantage ici...
La route est longue, entre 10 et 11 heures pour faire 4 ou 500km, mais le parcours est magnifique, traversant de hautes montagnes avec des cols a plus de 3000m ! Je regrette vraiment de ne plus avoir d'appareil photo, mais peut-etre que mon copain coreen m'en enverra quelques unes.
Un ciel bleu sombre, des montagnes enneigees, l'alpage verdoyant, des yourtes de nomades disseminees de place en place entre lesquelles courrent des chevaux, paissent des troupeaux de chevres ou de moutons, et un air d'une purete et d'une fraicheur incomparable...
Je me sens pousser des ailes devant ce paysage.
Des que j'ai un appareil, je vous montre !

Une fois a Bishkek, je realise que nous sommes... Vendredi 10 juillet. Les ambassades sont fermes les deux jours suivants, il etait inutile de courir. Tant pis.
Je fais ma demande de Visa le lundi matin, et comme en Ouzbekistan, on m'annonce une semaine d'attente. Mardi, je reprends un Taxi pour redescendre a Osh, et profiter de ce temps "mort" pour faire la route a pied jusqu'a la fontiere chinoise, au poste d'Irkeshtam (sud).

Consequences

J'ai bien retenu la lecon avec les militaires Ouzbeks. Je suis a present capable de bien me debrouiller avec les uniformes dans toute l'Asie Centrale ( ce sont les memes dans tous les pays en "...stan", formes a la mode sovietique).
J'ai pu m'entrainer des mon retour dans la capitale, dans le metro.
Il faut savoir que les stations de metro de Tashkent sont tres jolies, toutes differentes et bien decorees, sauf qu'il est interdit d'y prendre des photos, que cette regle n'est inscrite nulle part, et que chaque station regorge de flics : 3 a chaque entree, plus 5 sur le quai, 10 si 2 lignes se croisent dans la station. Ca fait quand meme jusqu'a 16 policiers qui n'ont rien d'autre a faire que d'embeter les touristes. Vous pouvez en un seul aller-retour vous faire controler le passeport jusqu'a 5 ou 6 fois ! Ca fini par enerver... Ayant compris le mode de fonctionnement de la police, j'ai change de methode. Je reprends le metro, et ca ne rate encore pas, on me redemande mon passeport. Mais je suis encore sous le coup de l'enervement de la veille : je les ai pratiquement agresse avec mon "Quoi, y'a un probleme ? (en francais)" , et comme ensuite tout le monde nous regarde, je sais que je ne risque rien : les policiers ne detestent rien tant que l'esclandre publique, et j'en profite. Ils insistent, essaient le plus clairement possible de me faire comprendre qu'ils veulent mon passeport, je fais celui qui ne pige rien : ca leur apprendra a ne pas parler anglais. Arrive le metro : je les plantes sur le quai, et m'en vais, fin du controle. Je n'ai meme pas sorti mon passeport !
Wahou... ca marche...
Toute ma vie, j'ai appris a respecter l'autorite : les parents, les professeurs, les policiers... J'ai appris qu'en Asie Centrale, il faut faire l'inverse : c'est moi le patron, et si le miserable sous-fifre me cherche des poux, il peut aller s'adresser directement a l'ambassadeur de France a Tashkent. J'ai eu depuis cette histoire plusieurs fois l'occasion de le verifier : je dois me montrer autoritaire et dominant avec les uniformes, et ca marche.

mercredi 8 juillet 2009

Une fin de parcours difficile

L'Ouzbekistan m'aura reserve une derniere etape inattendue.
Apres Samarcande, je suis remonte sur Tashkent. Une marche plutot agreable de 6 jours, durant lesquels j'ai croise d'autres francais voyageant a velo. Une fois de retour dans la capitale, j'ai depose une demande pour un visa Kirghiz, l'idee etant de contourner le Pakistan en passant par Osh (deuxieme ville du kirghizistan, au Sud-Ouest).
Ayant choisi un formulaire en mode "normal", j'avais 8 jours devant moi avant de le recuperer.
Il y a un mode "express" qui permet de le recuperer en deux jours,mais il est beaucoup plus cher. Quand au mode "bakshish" employe par un Suisse juste derriere mois au consulat, il permet de l'obtenir dans la journee... pour un prix encore superieur, bien sur.
Je decide de passer ces quelques jours a marcher vers la frontiere.
Je quitte donc Tashkent en debut d'apres-midi, et commence cette derniere ligne droite en Ouzbekistan. Les deux premieres nuits, je trouve a point nomme un restaurant ou des clients m'invitent a dormir chez eux. Des gens vraiment gentils qui m'auront bien rendu sevice !
La troisieme, je la passe a Angren. J'aurais pu aller beaucoup plus loin ce jour-la, mais quelques abricots manges la veille m'ont retourne les intestins, et la chaleur aidant, je ne me sens pas en etat pour continuer l'apres-midi. Une petit etape de 30 km, donc.
Je trouve un hotel pas cher (dortoir a 3000 CYM = moins de 2 dollars), et j'ai la surprise de voir debarquer 1 heure plus tard 2 francais que j'avais croise a Samarcande : je passe donc une bonne soiree en leur compagnie. Ils m'expliquent qu'ils reviennent de la vallee de Ferghana, et ont parcouru la route qui m'attend. Ils m'avertissent que la zone est sur-militarisee et qu'ils ont bien failli se faire voler leur telephone portable par un policier. C'est leur chauffeur ouzbek qui a donne de l'argent au flic pour le recuperer...
Le lendemain, je decolle vers 6H, frais et dipo. La route monte, je trouve les premieres montagnes, et quelques pics enneiges au loin contrastent avec le paysage plat que j'avais arpente jusqu'a present.
La route suit une riviere, et je passe ma pose coutumiere de l'apres-midi au frais, a l'ombre d'un arbre au bord de l'eau. Super agreable.
Et je repars.
Je n'ai pas fais 5 km que j'apercois un nouveau poste militaire. J'en ai deja vu plusieurs depuis ce matin, mais n'ai pas eu d'ennuis jusqu'a present. Juste un controle de passeport.
J'ai en memoire l'avertissement d'hier. Je sens la tuile, et retire la carte memoire de mon appareil photo pour la mettre dans ma poche.

Ca ne rate pas. Arrive a hauteur du poste, un garde m'arrete. Il commence par reclamer mon passeport, puis appelle son chef. Un excite debarque et commence a me prendre la tete en me lancant des regards noirs. Des le depart, je deteste ce type.
Il m'ordonne en criant comme si j'etais sourd de deposer mes sacs par terre, puis de m'eloigner : je m'eloigne, et il gueule encore plus fort : je suis trop loin, je dois me rapprocher. Faudrait savoir !
Ensuite, il me fait tout un cinema, m'ordonne de lever les mains, de me mettre de profile, et comme je n'obeie pas, il pete un cable, me met de force en position, et retourne au sacs. Une voiture arrive sur le petit chemin du poste, et mon excite-en-chef la hele au passage. Je profite de la diversion, remet mes mains dans mes poches et me rapproche de mes affaires : hors de question de les perdre de vue. L'imbecile ne s'en offusque meme pas, comme quoi tout son cinema... n'est bien que du cinema.
Commence alors la fouille des sacs. Deux autres soldats arrivent, et le furieux les eloigne. Je saisi le mot "bomba" dans son discours... La seule chose qui risque de lui sauter a la figure, c'est l'odeur de mon T-shirt sale ! Enfin bref.
Je note en revanche, qu'un soldat a recupere mon appareil photo, mais je le vois le remettre dans le sac. Quand a ma liasse de monnaie, ils n'y touchent pas. OK, me dis-je, c'est juste un controle un peu penible.
On me rend mes sacs, on me fait monter dans la voiture avec Crazy-man et son sous-fifre, et ils m'emmenent 300 metres plus loin au bureau du chef-en-chef. Le goujat me plante a la porte avec 5 gardes et disparait, toujours avec mon passeport.
Longtemps apres, il revient avec son superieur. je me dis que je vais pouvoir dialoguer intelligemment avec un grade qui a surement appris a lire, mais je dechante immediatement lorsque celui-ci me demande, passeport en main, si je suis francais... La, c'est mal barre.
Ils tente vainement de dialoguer avec moi, mais comme je ne comprend pas le russe et que leur manieres me deplaisent, je decide d'arreter de cooperer et de ne plus comprendre que l'anglais ou le francais.
Apres quelques palabres inutiles, on me fait monter dans un camion (une ruine sovietique d'au moins 30 ans d'age) qui va me ramener en compagnie du chef-en-chef jusqu'a... Angren. Et zut.
Une fois la-bas, on me fais patienter avec le chauffeur pendant des plombes jusqu'a la nuit tombee. J'en profite pour verifier mes sacs... Et constate la disparition de mon appareil photo. Et m......... Je suis pourtant sur d'avoir vu le soldat le remettre dans le sac ! C'etait le fils de David Copperfield ou quoi ?
Finalement, je suis conduit jusqu'au batiment principale de l'armee en ville.
Je tombe alors sur un ouzbek parlant un bon francais qui se presente comme traducteur. Chouette ! Il me presente quelques personnes devant la grille, et si j'ai bien compris, mon chef-en-chef (4 etoiles sur chaque epaulette) n'est qu'un roquet au garde-a-vous a cote de ces gens.
Tant mieux. Je bloque tout net et refuse d'entrer. Je reclame le droit d'appeler mon ambassade. Et la tout d'un coup, je vois tout le monde se faire tres doux et gentil avec moi...
Non mais quelle buse je fais moi ! Pourquoi n'ai-je pas fais ca des le depart ???
je le saurai pour la prochaine fois...
Comme je ne vois pas pourquoi je serai le seul a etre embete, je refuse toujours d'entrer, et l'interrogatoire va se faire sur un banc, a la lumiere d'un reverbere.
Ces nains de jardin en uniforme se contentent de prendre quelques infos sur mon identite et mon parcours en Ouzbekistan... Tout ca pour ca ???
Ils me donnent comme excuse que ma barbe me donne un aspect inquietant... Ils m'ont donc arrete et fait tout ce cirque pour port de barbe suspect !!!!!!
L'insodable betise de ces decerebres congenitaux me surprendra toujours.

J'en profite pour me plaindre du vol de mon appareil photo. Malheureusement, la penombre ne me permet pas de profiter pleinement de la mine renfrognee de mon chef-en-chef sous les regards de reproches de son superieur. On m'assure que des recherches seront menes, etc, etc...

Bref, j'ai paume mon troisieme appareil photo.
La crise.

Ecoeure, je rentre a Tashkent pour recuperer mon visa kirghiz. Je prends le bus demain pour la frontiere... Il ne manquerait plus qu'elle soit fermee !