mardi 28 avril 2009

Rencontres

Tout d'abord un espagnol. Manuel. Je l'ai rencontre sur la route, ou plus exatement il m'a trouve sur son chemin avant d'arriver a Marand. Il voyage a velo, et va d'Istanbul a Katmandu. Il a rencontre le professeur d'arabe de Markan Lar qui lui a parle de moi, alors quand il m'a repere sur la route, il etait tout heureux de pouvoir discuter un peu. Ce type est vraiment sympa, s'emerveillant de tout, et je dois dire qu'une heure passee avec lui m'a beaucoup remonte le moral, ravivant un peu la fraicheur d'esprit que j'avais en partant de France. Je tacherai de garder a l'esprit cette joie de vivre, de decouvrir, pour ne plus me laisser abattre par de simples difficutes physiques !
Je vous invite a aller voir son blog a l'adresse suivante :
http://peacemantraveller.blogspot.com/
Je sais, c'est en espagnol, mais lui, au moins, il a un appareil photo qui marche, et vous pourrez voir les paysages que j'ai vu, puisqu'il est passe au meme moment par la meme route, notament depuis Erzurum et Horasan...

A Marand, lorsque j'arrive a l'hotel, j'ai quelques difficultes a communiquer avec le patron qui ne parle pas anglais. Celui-ci telephone a un ami (Joker !) et une voix en francais me demande de patienter 30 minutes pour qu'il nous rejoigne. Bon. Un peu plus tard arrive donc mon francophone, un vieux monsieur de 73 ans, absolument charmant et tres cultive, parlant un francais impeccable. Je vais passer 3 heures a discuter avec lui. Il a appris le francais par lui meme, pour le plaisir, par amour de la langue, du temps ou ce n'etait pas encore interdit (avant la revolution, sous le Shah). Et il profite de chaque occasion pour discuter un peu avec les touristes de passage. Il connait Victor Hugo et Lamartine, mais aussi (et ca surprend) San Antonio et d'autres auteurs nettement moins classiques : "j'essaie d'apprendre l'argo, mais c'est difficile !". J'ai adore ce bonhomme !
Si vous allez en Iran, faites donc un tour a Marand pour le voir, il vaut le detour.

Vers Tabriz...

Les montagnes enneigees ont disparu de mon horizon, et je marche dans des zones sauvages et nues entrecoupees de zones cultivees, irriguees, plantees d'arbres : c'est tres joli.

Mais les distances sont lourdes. Ca n'a decidemment rien a voir avec l'Europe. Je me rappelle qu'alors, je pouvais marcher 20 jours d'affile sans problemes, mais ici, et depuis le depart d'Istanbul, je suis claque au bout d'une semaine ! C'est beaucoup moins facile. En effet, en Europe, la ou il y a 3 maison, on trouve forcement un cafe. Et on ne fait pas 50 km sans rien trouver. Et bien ici, c'est possible. Et quand il y a un village, il n' a rien dedans, juste des maisons. Alors il faut marcher. 45, 50, 55km... Au dela, je crise. Et entre Maku et Tabriz, je termine 2 fois dans une voiture pour les derniers km...
Je sais que je peux faire 60 km, mais quant a enchainer ces distances tous les jours, sans veritable pause - car le soleil ne s'arrete pas, lui -, c'est different. Je crois qu'il faut que je m'entraine encore, je dois etre trop faible physiquement et mentalement. Apres tout, si d'autres l'ont fait, je dois pouvoir aussi...

Quoiqu'il en soit, j'avance. Apres avoir ete heberge comme un prince a Markan Lar, j'arrive peu avant la nuit dans la ville suivante. On me dit qu'il y a un hotel, mais je ne trouve que des restaurants... Alors que je marche sur le bord de la route, un type sort de son garage de pneumatique et m'invite a prendre le the. Il n'est pas seul, mais aucun des 3 comperes ne parle anglais et la conversation tourne rapidement au n'importe quoi. J'ai alors la surprise de voir l'un d'eux sortir une boulette de haschich et m'en proposer !
Mais bien sur, Arthur !
Je vide mon verre de the, remercie, et me tire en vitesse.
10 minutes plus tard, toujours a la recherche de mon hotel fantome, je tombe sur une voiture de police qui s'arrete a ma hauteur : c'est la troisieme fois que je la vois aujourd'hui, alors forcement ils allaient bien finir par s'arreter. Je profite du controle pour demander le chemin de l'hotel :
- Monte, on va te conduire.
Et me voici assis dans la voiture de police, a cote d'un trouffion arme juqu'aux dents, derriere un officier et son enseigne. Ils s'arretent devant l'un des restaurants que j'avais deja vu et discutent un peu avec le patron. J'apprends que je vais dormir la. En fait, s'il n'y a pas d'etages, ca fonctionne un peu comme un caravenserail : une grande piece commune pour la restauration, la cuisine, et tout autour, des petites pieces avec un tapis au sol. C'est la que dorment les routiers de passage.
Je passe une bonne soiree avec eux, certes tres differente de la precedente, mais j'ai affaire cette fois a des gens qui sortent regulierement de l'Iran et qui ont vu toutes les differences de chaque pays, de l'Europe de l'Est au Pakistan. La conversation est beaucoup plus libre. L'un d'eux est fan de Karl Marx, l'autre milite pour l'independance du Kurdistan... je vois de tout.
Je suis a nouveau tres bien traite par le patron qui refuse que je lui paye le gite et le couvert. Decidemment, l'Iran, ca me plait.

lundi 27 avril 2009

L'Hospitalite Iranienne

Apres Maku, direction Tabriz. Distance : environ 250 km.

Je prends la route (il n'y en a qu'une) sans trop savoir comment je ferai si une intersection se presente, mais heureusement, une fois sur deux, les panneaux routiers sont doubles en anglais. Ouf. Ca me permet d'ailleurs de commencer a apprendre les chiffres en farsih...

La route continue de descendre comme depuis la frontiere, et les montagnes s'eloignent au fur et a mesure, et je me retrouve a nouveau dans l'un de ces grands espaces nus que j'arpentais deja en Turquie. A la difference que l'altitude est tout de meme inferieur et la temperature est agreable, meme lorsqu'il pleut.

Je n'ai absolument aucune idee d'ou je suis ni ou je dormirai le soir. J'avais vu sur google-map qu'il y avais regulierement des villes sur la route, mais je n'avais pas les distances... Alors je marche.

Vers le soir, je trouve une petite ville. La difference avec la Turquie est surprenante : de loin, je ne savais pas s'il s'agissait d'un replis de terrain ou d'habitations ! Outre le fait que les maisons sont basses, sans etage, et faites de briques couleur terre, la plupart des maisons sont recouvertes d'une couche de terre, parfois de ciment. Seule la fumee s'echappant de quelques petites cheminees invisibles signalait la presence humaine de loin. Et pas de grande, belle, et neuve mosquee comme en Turquie ! C'est la voix du muezzine qui m'a confirme la presence d'un edifice religieux, mais je ne l'ai jamais vu...

A l'entree de la ville, quelqu'un m'appelle pour me poser les questions habituelles dans un anglais impeccable : encore un changement par rapport a la Turquie ou les gens ne parlaient que turc, meme les jeunes. Ici, il y a toujours quelqu'un pour parler anglais, parfois francais pour les plus vieux. Bref, cet homme en question est professeur d'arabe, et il me propose de m'heberger. Mais je refuse car il habite a 25 km de la et ne pourra pas me ramener demain. 5 heures de marches pour me retrouver au point de depart, sans facon. Je le remercie et repart.

Bon. Surement pas d'hotel dans une agglomeration aussi reduite, mais on verra bien. Je remonte lentement l'enfilade de petites boutiques qui constitue la rue principale, et une fois au bout, naturellement, je n'ai rien trouve. Mais je sais que je me suis fait remarquer. Je fait demi-tour et a mi-chemin, je me fais evidemment heler par un groupe assis devant un petit restaurant. Exactement ce que je recherchais. On m'invite a prendre le the, on me pose les questions habituelles, et vient la question fatidique : "et tu dors ou ?"
- Il y a un hotel, ici ?
- Ben non
- Alors je ne sais pas...
2 secondes de reflexions et un leger murmure dans le groupe. Un nouveau personnage arrive. Il prend en main la conversation... en espagnol !
- Pas de probleme pour ce soir, si tu veux, tu va dormir chez mon frere ! Voici mon neveu, il va te conduire chez lui et je passerai te voir pour le diner.
- super, merci !

Description de l'hospitalite iranienne dans les regles de l'art, vu par un francais qui n'y connait rien :
Apres les presentations, Farshad - le neveu en question - ferme sa boutique et m'emmenne chez lui. Il me presente son frere, sa mere, sa femme, et sa petite soeur, et me fait assoire sur le tapis. Une minute plus tard, j'ai devant moi une grande assiette de potage : il est 19 heures environ, je me dis que c'est surement le repas. Je l'avale tout en discutant avec Farshad. Son frere ne dit pas grand chose, et cote femmes, seul la mere s'autorise quelques commentaires. Dans l'ensemble, elles font le service pour les hommes en silence et mangent dans la cuisine. Quoiqu'il en soit, tout le monde se montre tres attentionne.
Arrive ensuite le pere qui rentre sans doute du travail. Farshad se leve et lui cede sa place. A present que toute la famille est la, je commence a saisir le principe de la hierarchie familiale : le pere a sa place pres du poele avec le plus grand coussin. Quand il n'est pas la, c'est son fils aine qui siege. L'invite - moi - est a sa droite. Et sur le mur d'en face, il y a donc les 2 fils, et la mere de temps en temps. Sur les cotes apparaissent et disparaissent les autres femmes, en fonction des besoins du service. Quand Mustapha, l'iranien qui parle espagnol, arrive vers 21 heures, il se place entre moi et le chef de famille (son frere). Chacun sa place, chacun son role.
Avant l'arrivee de Mustapha, on m'offre de me laver les pieds et les mains, et puis Farshad et sa mere sortent un beau polo tout neuf et me disent de le passer. Je prosteste, insiste, rien a faire. Bon, je le mets en esperant qu'il ne s'agit que d'un pret pour la soiree.
Entre 19 et 21 heures, le the coule a flot. Avec ce que j'avais deja bu dans la journee, je dois bien etre a 15 ou 20 verres... Une fois Mustapha arrive, la discution roule beaucoup plus facilement, et le vrai repas commence : plat chaud unique. La soupe de 19 heure sert d'entree, et il n'y a pas de desserts. Cependant le plat et consistant et je n'ai plus faim.
Vers minuit, dodo. Il etait temps, je n'en pouvais plus. Je vais dans la piece d'a cote ou m'attend une epaisse couverture et un oreille.
Un mot au passage sur la maison : j'ai dit que l'aspect exterieur ne payait pas de mine, mais l'interieur est tres joli, et tres simple. Pas de meubles, juste des tapis au sol, et des coussins le long des murs blancs. On s'assoie par terre, on mange par terre, on dort par terre. J'ai tout le temps d'admirer les tapis et la decoration qui rendent l'habitation chaleureuse et accueillante.
Le lendemain matin, je suis le premier leve, vers 6 heures. Je reveille Farshad qui dors dans la meme piece que moi afin de lui dire au revoir. Celui-ci bien qu'encore endormi se leve aussitot pour se mettre a mon service. Il veut me donner quelque chose a manger avant de partir, mais comme ses parents dorment dans la piece commune, je ne veux pas les reveiller. J'ai toutes les peines du monde a le dissuader. J'ai egalement plie soigneusement le polo dans un coin et fait mine de l'oublier, mais ca ne marche pas : il le repere et me le redonne : mais non ! Mais si ! Mais non ! Mais si ! etc... bref, je suis reparti avec. Et il tiens absolument a me reconduire en voiture jusque sur la route nationale situee a 200m.
Et je repars pour une nouvelle journee, ravi de cette experience !

J'espere que j'en aurais d'autres avec un appareil photo, cette fois !

Premiers pas en Est-Azerbaidjan

Comment decrire tout ca sans photos ?...
J'aurais bien du mal. Alors je suis alle sur google chercher une image qui corresponde a ce que j'ai vu.

Apres la frontiere, a environ 30 km, il y a la ville de Maku :


Elle se trouve coincee entre deux montagnes qui ne laissent la place que pour quelques maisons de part et d'autre de la route, mais comme la ville compte beaucoup d'habitant, elle s'etend sur des kms et des kms : il m'a fallu des heures pour la traverser.
Le paysage ne change pas encore, ce sont les memes montagnes seches, presque desertiques, affichant a l'occasion de belles couleurs rouges ou vertes. Mais des la frontiere, la route semble descendre, et les pointes enneigees se font moins nombreuses dans le paysage. Et il semble y faire plus chaud : cette fois c'est la bonne, c'est sur ! C'est le printemps ! Je l'ai enfin rattrape. Pas de doutes possible, la ville est pleines d'arbres tous couverts de jeunes feuilles d'un beau vert tendre dont la vue me remonte le morale : finies les temperatures polaires, les chutes de neige et le vent glaciale des plateaux anatoliens !
Enfin j'espere...

A Maku, j'ai trouve un hotel pour dormir, et je passe la soiree a tenter d'assimiler la monnaie locale : apres l'arnaque de la frontiere, je deviens mefiant, mais je me perds un peu dans les chiffres a ralonge (les maths, c'est pas mon truc). Alors quand la nuit d'hotel passe de 10 ou 15 Lires a 80.000 Rials, je m'inquiete un peu. En plus, il y a 2 facons de compter : certains prix sont annonces en rials, d'autres en toumans (10.000 rials = 1000 toumans = 0,8 euros) et 5 jours plus tard, j'ai encore parfois du mal... Mais tout va bien, et la vie est finalement moins cher ici qu'en Turquie.

Il parait qu'il y a une ancienne eglise armenienne non loin, et un taxi se propose de m'y emmener, mais je n'ai pas le coeur au tourisme. Je sors tout de meme faire un tour en ville pour voir toutes les differences avec la turquie. Je suis servis.
Les maisons, d'abord : plus d'immeubles aux couleurs voyantes serres les uns a cotes des autres facon HLM : les maisons ont parfois un etage, mais pas plus. Les constructions sont en petites briques brunes qui fondent les batiments dans le decors de la montagne. Pas de toits en tuiles mais des terrasses. L'aspect general est un peu minable, mais propre. La Turquie s'est specialisee dans les trottoires de 50 cm de haut, mais ici pas de trottoire. En revanche, des caniveaux de 50 cm de profondeur et 30 cm de large ! Comme je le disais il y a beaucoup d'arbre, mais ce n'est qu'a Maku. En dehors, le paysage est aussi nu et desole que d'habitude.
Cote population, je vois de tout. Je m'interesse aux foulards, et tres vite, je dois oublier un certain nombre de prejuges : la loi oblige le port du voile, mais j'observe tous les niveaux de rigueur. De certaines femmes, je ne vois qu'avec peine les yeux dans la masse noir et flottante qui se deplace devant moi. Mais pour d'autre, un petit voile de couleur claire laisse apparaitre une partie de la chevelure aux meches teintees, et tout le visage est decouvert, avec maquillage, lunettes de soleil, etc. Pour le reste, veste longue, blue-jean et baskets. Entre ces deux extremes, il y a de tout, et meme si le noir domine clairement (mais n'est-ce pas le cas chez nous aussi ?), je suis tres loin de la severite que j'imaginais decouvrir ici. Cote hommes, je ne suis pas le seul a avoir les cheveux longs...
Autre changement : je voix des fleuristes partout ! Les iraniens aiment les fleurs... La derniere fois que j'en ai vu, ca devait etre a Istanbul !
Par contre, les cyber cafes sont tres peu nombreux, et l'acces aux sites web tres filtres.

La frontiere iranienne

Enfin la voila ! Depuis le temps que je l'attendais...

Je suis tellement content que je ne fais pas attention, et je me fait arnaquer comme un bleu par le premier venu (c'est le cas de le dire) : une fois passe le poste frontiere turc, un homme se presente pour me changer mes euros en rials, la monnaie locale. Bien habille, grand sourire, parlant correctement anglais : j'aurais du le voir venir de loin, mais non. Il me propose 1.200.000 rials pour 200 euros. De mon cote, j'ai completement oublie de verifier le taux de change sur internet, et dans le doute, je n'accepte de changer que 100 euros. Et je me fait arnaquer de la moitiee de la somme du fait de son taux de change parfaitement abusif. Normalement, 100 euros s'echangent contre 1.250.000 rials environ, mais ca, je l'apprendrai 2 heures plus tard. Heureusement que je n'ai pas voulu changer plus d'un billet (un reste de mefiance tardive, sans doute ?).

Tant pis, ca m'apprendra. En meme temps, avec tous ces zeros avant la virgule, j'ai un peu de mal a m'y retrouver ! Au debut, on a la sentation d'avoir gagne au loto...


Une fois au poste frontiere irannien, on me demande de passer d'abord au bureau d'accueil des touristes ou un jeune fonctionnaire tache de me persuader pendant un quart d'heure que son pays est tres tres bien. Ensuite, la police examine mon visa, et prend les empreintes de mes 10 doigts avant de me laisser passer.

Bienvenue en Iran.

mardi 21 avril 2009

Vers l'Iran

J'aurais mieux fait de rester quelques jours de plus à Erzurum... Moi et ma fichue bougeotte ! Je ne tiens pas en place. Le matin du départ, il se met à neiger, mais je pars quand même : s'il ne fallait marcher que les jours de beau temps ! Et puis ça ne durera sûrement que quelques heures...
Quelques jours, oui ! Une vrai galère.
Enfin bref. Le problème, c'est que je n'ai pas pu (pas su ?) passer les cols dans ces conditions. J'ai tenté, mais 65 km dans les chutes de neiges à 2300 m d'altitude, et bien, j'ai fini dans la cabine d'un camion. Dur. Le soleil s'est gentilment montré une fois que je suis arrivé près de la frontière Iranienne... quand je dois m'arrêter, bien sûr.
En plus je m'arrête vraiment pour une raison stupide !
Anticipant tout comme d'habitude, je me suis fait bloquer par un plafond banquaire... Bête, hein ? La Turquie m'aime et ne souhaite pas me laisser partir ;-)
Les cartes banquaires et autres travelers cheques ne fonctionnent pas en Iran. Il faut emmener du cash (en € de préférence car les dollars n'ont pas la côte), mais ma banque ne me laisse pas retirer suffisamment d'un coup... je reste donc 3 nuits en ville au lieu d'une pour réunir une somme d'argent suffisante. Ça m'apprendra à vouloir foncer.
Sinon, question tourisme, pas grand chose à dire, j'espère que ça changera après la frontière.
Rendez-vous en Iran !

mardi 14 avril 2009

Erzurum bis

Bon, et bien ça y est, je pars demain. Finalement, ça a été beaucoup plus simple que je ne m'y attendais, et s'il n'y avait pas eu le week-end, j'aurais pu partir hier !

J'ai à présent un superbe décalcomanie sur mon passeport, made in "Islamic Republic of Iran" : la classe !

J'ai appris à cette occasion que l'histoire de date précise pour passer la frontière, c'est "du flan", quant à la lettre d'invitation, je n'en ai pas besoin si je passe par internet... ce que j'avais fais à Istanbul ! Bref, j'ai juste rempli un papier, donné une photo, payé 60€ à la banque, et 2 heures plus tard, j'avais mon visa. Cooool !

Côté tourisme, il y a une matinée voir une journée agréable à passer ici : il reste d'anciennes "medrassa" (une école si j'ai bien compris) très décorées et remontant à une époque où la ville servait de capitale au roi du coin... il y a longtemps, quoi. Un caravensérail, aussi, et si on regarde bien, encore quelques vieilles maisons délabrées dont le style de construction diffère de ce que j'ai pu voir à Ankara ou à Istanbul... Il y a même un bureau de tourisme (miracle !) avec dedans quelqu'un qui parle un peu anglais (re-miracle !) : j'apprends qu'il y a une station de ski juste à côté. Pas étonnant, car à part la vallée par où je suis arrivé, ce ne sont que montagnes blanches qui montent jusqu'au ciel tout autour de la ville ! Il y fait d'ailleurs bien froid, mais comme les immeubles arrêtent le vent, ça va. En dehors, c'est le domaine d'Eol et la bise est glaciale malgré un beau soleil.
Bref, Erzurum ne déçoit pas comme Ankara.

Côté rencontres, c'est pas mal non plus : dans un cyber café, 2 jeunes ont remarqué que j'utilisais le web francophone. Ils m'abordent et se présentent... en français ! Ce sont 2 étudiants Turkmènes qui font leurs études ici. Ils sont visiblement ravis de pouvoir pratiquer le français et refusent que je parlent anglais ! Ils m'emmennent chez eux, m'offrent le thé et me proposent de partager leur repas. Je passe une super soirée en leur compagnie et sur la fin, je les aide à faire leur devoir !!! C'était drôle, mais ils sont doué !
L'un d'eux m'a offert son bonnet de prière : j'ai fais l'erreur de vouloir l'examiner, et je l'aurais offensé en refusant le cadeau... sauf que maintenant, il n'en a plu. Penser à retenir ma curiosité les prochaines fois ! Ceci dit, avec le chapelet des jandarmas, je commence à être équipé "local" ! ;-)
Et puis j'ai rencontré un français au consulat Irannien : un vrai voyageur qui à déjà parcouru de nombreux pays ! Sa discution s'avère très intéressante et j'apprends plein de choses sur ce qui m'attend ensuite ! Et puis on parle le même langage, les mentalités sont proches... Le courant passe bien. Voilà une rencontre agréable et intructive !

Donc voilà, je pars demain matin (mercredi 15 avril, je crois) et devrait être sur la frontière aux alentour du 25. Et une semaine plus tard à Tabriz. Là, si mon appareil photo fait toujours grève, ce sera le licenciement sec : j'attends d'être en Iran car ce sera sûrement moins cher... (capitaliste, va !)